Lyon: Y a-t-il une classe ethnique à Bron?

SOCIAL Le Mrap, mouvement contre la racisme et pour l'amitié entre les peuples dénonce l'ouverture d'une classe réservée aux enfants Roms à Bron. L'académie tempère...

C.G. avec AFP

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Illustration d'enfant vivant dans les squats et bidonvilles de l'agglomération lyonnaise.
Illustration d'enfant vivant dans les squats et bidonvilles de l'agglomération lyonnaise. — C. VILLEMAIN / 20 MINUTES

«Ségrégation ethnique». Le Mrap, mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples a dénoncé ce lundi la décision de la mairie de Bron d'ouvrir «une classe ethnique».

«Suite à l'installation d'un bidonville près du périphérique, la mairie a décidé d'ouvrir une classe pour accueillir les enfants après avoir longtemps refusé de les inscrire dans des classes normales», racontent les membres de l'association.

«Travail de suivi»

Accueillant uniquement des enfants Roms du campement voisin, cette classe «ne permet pas (aux élèves) d'avoir accès au service de l'enseignement dans les conditions prévues par le droit commun», selon le Mrap de Villeurbanne. Et de poursuivre: «Elle regroupe sans distinction des enfants déjà scolarisés les années précédentes et parlant bien le français, avec d'autres enfants qui viennent d'arriver en France».

«Ces enfants ont été scolarisés normalement. On a ouvert une classe avec une maîtresse spécialisée pour aider ceux qui ne maîtrisent pas la langue française, répond la mairie de Bron. Il y a un travail de suivi avec ce campement de familles roumaines et même sur d'autres questions que la scolarisation».

«Situation transitoire et normale»

De son côté, l'académie de Lyon a rappelé que cette vingtaine d'enfants et leurs familles, vivant sur «un campement sauvage», faisaient «l'objet d'une ordonnance d'expulsion prise en novembre mais suspendue en raison de la trêve hivernale».

Avant l'ouverture de cette classe, ils ont été scolarisés dans un premier temps dans «deux camions-écoles» se rendant quotidiennement sur le campement.

Cette classe, ouverte le 12 novembre, «vise dans un premier temps à accueillir les enfants Roms pour une évaluation de leurs compétences pour qu'ils soient ensuite orientés vers des classes ordinaires», a expliqué Jean-Marie Krosnicki, directeur académique adjoint, en qualifiant cette situation de «transitoire et normale». Selon lui, plusieurs de ces enfants âgés de 6 à 11 ans «ne savent ni lire, ni écrire» et certains d'entre eux ne viennent pas régulièrement en classe.

Un précédent à Saint-Fons

En novembre 2012, la ville de Saint-Fons avait été pointée du doigt pour des faits similaires. Bien qu'inscrits dans une école, des enfants Roms faisaient cours au deuxième étage du commissariat de la ville.

Quelques mois plus tard, le Défenseur des droits avait jugé que la scolarisation de ces enfants dans des locaux situés à l'écart de l'école, revêtait un «caractère stigmatisant».