Lyon: «J’aurais aimé revenir à l’OL», confie Domenech

FOOTBALL L’ancien entraîneur de Lyon a parlé de son retour au club l’été dernier…

Propos recueillis par Cyrille Pac

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L'ancien sélectionneur de l'équipe de France, Raymond Domenech, lors d'un match au Parc des Princes, le 11 janvier 2013.
L'ancien sélectionneur de l'équipe de France, Raymond Domenech, lors d'un match au Parc des Princes, le 11 janvier 2013. — KENZO TRIBOUILLARD / AFP

En visite promotionnelle à Lyon ce mercredi pour son livre « Mon dico passionné du foot » (Flammarion), Raymond Domenech s’est confié à 20 Minutes.

Avec ce livre, vouliez-vous aller encore plus loin que dans le précédent, «Tout seul»?
Je voulais surtout parler de plaisir, évoquer tout ce que j’aime. Je suis fatigué de tout ce qu’on colporte sur le foot. Je voulais rappeler qu’il y a aussi des gens biens dans ce milieu, qu’on transmet des messages positifs. Dans le premier livre, je retraçais 6 ans de vie, je racontais ce que j’avais vécu. Dans celui-ci, j’exprime mon ressenti avec deux ou trois ans de recul.

On sent encore le besoin de comprendre: Anelka, Knysna…
Nico, j’ai compris. Il peut être charmant un jour et changer subitement. C’est Docteur Jekyll et Mister Hyde. J’ai subi Knysna. Je voudrais savoir ce que les joueurs ont vécu. Comprendre comment ils en sont arrivés à cette folie furieuse. J’ai quelques échos de certains, comme Sidney (Govou) qui, aujourd’hui encore, ne semblent pourtant pas savoir.

Sélectionneur, on vous reprochait de ne jamais parler foot. Vous le faites enfin dans ce livre.
(Sourire) J’aime montrer que je suis un entraîneur avec quelques compétences. Des joueurs l’ont reconnu. Je peux décrypter un match, je le faisais d’ailleurs en interne, pour les joueurs. Je ne voulais rien montrer aux adversaires ni aux médias.  

Avez-vous toujours envie d’entraîner ?
Oui. J’aime construire un groupe, l’amener quelque part, organiser des séances. Mais je ne suis pas sur un banc aujourd’hui car je n’ai pas eu envie de m’éloigner de chez moi. Et je n’aime pas attendre. Or, dans ce métier, on attend: les prochains matchs, que les joueurs soient prêts, etc. C’est fatigant. Ai-je encore envie d’aller d’hôtels en hôtels, de prendre l’avion, d’attendre les joueurs? Mais les séances d’entraînement me plaisent toujours. Le foot doit être un plaisir et non une contrainte.

Avez-vous eu des propositions ?
Oui, mais j’ai toujours refusé.

Vous répétez votre attachement à l’OL. Un retour au club aurait-il pu être possible?
L’OL, ça m’a tenté. Nous nous sommes réconciliés avec Bernard Lacombe. On en a un peu discuté avant la nomination de Fournier mais sans aller très loin. J’aurais bien aimé. Mais j’aime surtout former les entraîneurs, les aider à construire, les mettre dans le bain. Revenir ou pas, aujourd’hui, je m’en fiche. Des dirigeants doivent penser que je suis à l’écart, moins dans le coup. Mais je ne m’en préoccupe pas.

Lors de votre venue à Lyon, vous auriez pu rencontrer Yoann Gourcuff, à qui vous disiez avoir envie de «mettre des gifles» dans votre précédent livre…
Ça aurait été sympa de le rencontrer! Ces derniers temps, à Lyon, il avait enfin trouvé quelque chose qui lui correspondait. Il est le genre de joueur qui a besoin que l’équipe tourne pour être performant. Ce n’est pas lui qui va tirer une équipe vers le haut, mais il la valorise. Il a besoin que les rouages soient bien huilés. Il est alors le carburant.