ASSE-OL: Les anciens racontent leurs derbys

FOOTBALL Anecdotes et souvenirs d'ASSE-OL par les principaux acteurs...

Propos recueillis par Cyrille Pac
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Sidney Govou contre Saint-Etienne en 2010.
Sidney Govou contre Saint-Etienne en 2010. — FAYOLLE PASCAL/SIPA

ASSE-Lyon, c’est plus de 60 ans de rivalité et d’anecdotes. Bernard Lacombe, conseiller du président Aulas, en a vécu beaucoup, sur le terrain et en dehors… Il se souvient ainsi d’un match où Raymond Domenech, dans les années 1970, avait tenté de sécher le Stéphanois Georges Bereta. Mais ce dernier était si costaud qu’il n’avait pas bougé. «Il se retourne alors vers Raymond et lui: "T’as progressé techniquement!"», rigole, aujourd’hui encore, le conseiller d’Aulas. Voici d’autres souvenirs de derby...

Robert Nouzaret (Lyonnais de 64 à 69, entraîneur de l’OL de 85 à 87 et de Saint-Etienne de 98 à 2000) : « Je me souviens d’une victoire 3-0 avec Lyon en équipe de jeunes. Je me souviens bien aussi, d’une victoire en Coupe de France sur terrain neutre (en 1967 à Annecy, ndlr) et de la célèbre phrase du président Roger Rocher: «En matière de football, Saint-Etienne est la locomotive et Lyon les wagons». A l’époque, il y avait aussi beaucoup de chambrage entre Bosquier et Di Nallo mais ce n’était jamais agressif. Ça venait surtout des supporters et des dirigeants. A Saint-Etienne, une voiture immatriculée 69 avait les pneus crevés.»

Christian Sarramagna (ancien Vert de 70 à 79): «Mon premier souvenir remonte à la finale de la Coupe Gambardella en 1970 (3-3). Nous avions gagné aux tirs au but et, pour la première fois, j’ai senti cette rivalité. Ce fut plus fort par la suite encore. Je me souviens d’un fait de jeu avec Raymond Domenech. Le mercredi précédent le derby, nous étions en sélection Espoirs  et, après le match, Raymond est venu me voir pour me «préparer» en me disant: «Samedi, tu ne finis pas le match». Effectivement, je n’ai pas fini le match… Il m’a mis un coup et je suis sorti avec une double entorse de la cheville… Il s’est excusé par la suite. J’aimais quand même ces matches-là, tous les ingrédients étaient réunis pour en faire un grand rendez-vous!»

Sidney Govou (ancien Lyonnais de 99 à 2010): «Je me souviens en particulier de notre victoire 3-2 à Saint-Etienne (2004). Nous étions menés 1-2. Une faute sur moi provoque un penalty et je marque le but de la victoire (90e minute). Un autre souvenir d’un derby à Gerland: on entre sur la pelouse avec les cheveux teints en rouge et bleu car on pouvait être champion ce soir-là. La décision a été prise entre nous, les joueurs. Personne n’était au courant, ni le coach (Gérard Houllier) ni le président. Le président a eu un sourire bien froid quand il nous a vus (rire). On a quand même hésité car c’était Saint-Etienne en face. Il ne fallait pas leur donner quelque chose contre nous si ça devait mal se passer. Mais on a osé.»