Lyon: Le Musée des confluences parodié en cocotte en papier

CULTURE Deux artistes lyonnais ont lancé un site internet parodique: ils se revendiquent d'un mouvement imaginaire...le «conisme»...

Caroline Girardon

— 

Le musée de la Convergence, parodie du futur Musée des Confluences à Lyon.
Le musée de la Convergence, parodie du futur Musée des Confluences à Lyon. — B.E.C

Avez-vous déjà entendu parler du Musée du Conisme? Un établissement qui doit ouvrir à la fin de l'année au public à Lyon. Un bâtiment tout en verre qui n'est pas sans rappeler le futur musée des Confluences. Sauf qu'il n'est pas en forme de nuage. Lui, ressemble à une cocotte géante en papier et se situe au cœur du quartier de la Convergence. Un site internet, s'apparentant grandement à celui du musée des Beaux-Arts de Lyon, lui est d'ailleurs dédié.

Vous l'aurez aisément compris: il s'agit d'un site parodique derrière lequel se cachent Sébastien Brunel et Thomas Girard, deux artistes lyonnais, figures de proue du «conisme». L'aventure a débuté il y a trois ans. «C'est parti d'une blague autour d'une peinture», raconte Thomas. Les deux complices vont alors se créer un univers imaginaire et rentrer dans la peau de personnages fictifs. «Nous peignons dans le monde d'aujourd'hui... mais comme si nous vivions à la fin du 19e siècle».

Brunel et Girard peignant la Vénus Beauté - Stéphanie Cerdeira / B.E.C

Dans leur monde, Lyon est la capitale mondiale des arts, comme le fût New York dans les années 50 ou Montmartre au 19e siècle. Et eux sont des artistes de renommée internationale. «On fait comme si c'était un mouvement reconnu à travers le monde», poursuit en riant Sébastien. Les deux complices qui se moquent gentiment de l'institutionnel, sont même allés jusqu'à monter une vraie exposition, comprenant douze tableaux tout aussi décalés les uns que les autres.

Vénus Beauté, tableau de Brunel et Girard - B.E.C

Ils ont aussi réalisé des vidéos où se côtoient des comédiens et leurs proches, incarnant des peintres maudits, une famille de mécènes, une muse approchant les 90 ans et un commissaire d'exposition au discours incompréhensible. «C'est un peu tout ce que l'on retrouve dans les expositions ou les marchés d'art», expliquent-ils. «On durcit à peine le trait», rigole Thomas.

>>> Pour en savoir plus sur les conistes

«Un canular artistique»

Pour abriter leurs toiles, les deux artistes avaient donc besoin d'un lieu dédié: le musée des confluences, ou plutôt le musée du conisme, conçu par l'architecte Hiro Horigami. «La cocotte en papier me semblait être un bon compromis entre une forme architecturale moderne et quelque chose d'enfantin et de potache», explique Thomas. «On voulait tourner cela en dérision car il y a eu tellement de cafouillage sur ce dossier. On a plus entendu parler du Musée des confluences en raison des retards du chantier, de son coût spectaculaire, que par les collections qu'il allait renfermer», poursuit Sébastien.

«C'est avant tout un canular artistique, expliquent-ils à l'unisson. On le fait uniquement pour rire même si cela nous prend beaucoup de temps.» Car les deux complices ne revendiquent aucune démarche artistique. « On n'a pas une très haute idée de notre peinture », concluent-ils en souriant.