Rhône: L'émotion à Vénissieux après la mort d'un jeune policier

FAITS DIVERS Plus de 200 personnes, pour la plupart des policiers et des agents municipaux, se sont rassemblées jeudi après-midi à la mairie de Vénissieux pour rendre hommage à Yacine...

Caroline Girardon

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Lyon, le 6 novembre 2014
Un moment de recueillement s'est déroulé à la mairie de Vénissieux après la mort d'un jeune policier municipal qui tentait d'interpeller les conducteurs d'une voiture volée.
Lyon, le 6 novembre 2014 Un moment de recueillement s'est déroulé à la mairie de Vénissieux après la mort d'un jeune policier municipal qui tentait d'interpeller les conducteurs d'une voiture volée. —

«Mourir à 30 ans ce n'est pas tolérable. Mais mourir à 30 ans à cause de la conduite irresponsable de certains est abominable». Michèle Picard, maire PCF de Vénissieux a eu du mal à contenir son émotion. Ce jeudi après-midi, plus de 200 personnes se sont rassemblées à la mairie pour rendre hommage à Yacine, ce jeune policier, décédé la nuit dernière, alors qu'il tentait d'interpeller les passagers d'une voiture volée ayant refusé de se soustraire à un contrôle, après plusieurs infractions.

Dans l'assistance, de nombreux policiers, visages fermés. «Je connaissais bien Yacine car je l'ai entraîné à plusieurs reprises au maniement des armes, confesse Sylvain, policier municipal à Saint-Fons. Je n'arrive pas y croire. J'ai encore beaucoup de mal à réaliser ce qui s'est passé. C'était un très bon collègue, reconnu pour son professionnalisme.»

«Il avait l'habitude des missions dangereuses»

Recruté parmi les premiers agents de la brigade de nuit de Vénissieux, le jeune policier, ancien gendarme, travaillait sur la commune depuis cinq ans. «Il avait de l'expérience dans ce domaine. C'était quelqu'un de très réfléchi», poursuit Sylvain.

«J'ai appris à l'apprécier car c'était un collègue jovial, toujours volontaire pour partir en opération, raconte Emmanuel Damato, directeur général adjoint des services en charge de la prévention et de la sécurité. Il avait l'habitude des missions dangereuses mais ce n'était pas un casse-cou prenant des risques inconsidérés. Au contraire, à chaque fois, il intervenait avec beaucoup de doigté et de discernement. Il avait d'ailleurs reçu de nombreuses lettres de félicitations après les missions qu'il avait effectuées.»

«Un travail ingrat»

«Nous sommes une grande famille, lâche Patrick, policier municipal à Saint-Fons. Il y a beaucoup d'émotion aujourd'hui car nous sommes soumis aux mêmes règles de travail. C'est un travail ingrat, un travail de l'ombre. Malheureusement, il faut qu'il y ait ce genre de drame pour que les gens se rendent compte que notre métier n'est pas facile.»

Un sentiment partagé par Michèle Picard: «Ce genre de tragédie montre que la police municipale est aussi en première ligne. Les agents travaillent au service de la population mais ils risquent leur vie.»

«Je suis outrée et indignée de voir ce qui s'est passé, s'emporte Yolande Peytavin, première adjointe à la mairie de Vénissieux. C'est le service public qui est attaqué. On dénigre les policiers municipaux. La plupart des gens ne savent même pas le travail qu'ils effectuent au quotidien. Aujourd'hui, il faut qu'on soit reconnaissant.» La municipalité a décidé de mettre des drapeaux en berne.