Rhône-Alpes: Bruxelles juge «surdimensionné» le projet de TGV Lyon-Turin

TRANSPORT La Commission européenne a émis mardi devant le Parlement européen des critiques sur le coût et l'impact environnemental du projet...

20 Minutes avec AFP

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Un TGV
Un TGV — Bertrand Guay AFP

La Commission européenne a émis mardi devant le Parlement européen des critiques sur le coût et l'impact environnemental du projet de ligne ferroviaire à grande vitesse entre Lyon et Turin qu'elle juge «surdimensionné», a déclaré l'eurodéputée verte française Karima Delli.

Selon l'élue, les représentants de la Commission européenne ont confirmé au cours d'une audition devant la commission Transports du Parlement que le coût du projet atteindrait 26 milliards d'euros dans les projections actuelles. Ils ont également reconnu un impact environnemental lors de sa construction, tant au niveau des émissions de CO2 lors du chantier que du retraitement des déchets générés par les travaux, a-t-elle ajouté.

La Commission européenne a enfin précisé que le tunnel de base serait construit dans une première phase. «Les autres éléments suivront seulement si la demande de transport sur le réseau croit vers les limites de capacité», a poursuivi Karima Delli, coordinatrice pour le groupe des Verts.

«Une forme de désengagement sur le projet dans son ensemble»

«En clair, la viabilité économique du projet n'étant pas assurée, la Commission se prononce aujourd'hui pour un financement et une réalisation segmentés», a-t-elle ajouté, considérant qu'«il s'agit bien là, et c'est une première, d'une forme de désengagement de la Commission sur le projet dans son ensemble».

La nouvelle commissaire aux Transports Violeta Bulc avait éludé la question de Karima Delli sur les problèmes environnementaux posés par cette liaison ferroviaire lors de son audition devant le Parlement européen. «J'adore la nature, je vis dans la nature, je respecte la nature et nous devons apprendre à la respecter», avait-elle répondu.

Dans le projet souhaité par Paris et Rome, qui fait face à des oppositions significatives localement, l'Union européenne doit financer 40% des 8,5 milliards d'euros que coûtera la seule construction du tunnel transalpin de 57 km, soit 3,4 milliards, l'Italie prenant en charge 2,9 milliards et la France 2,2 milliards.

La Cour des comptes en France a pour sa part stigmatisé «la part de responsabilité de l'Europe dans le dévoiement du rôle conféré à la grande vitesse», en «échafaudant un plan ambitieux de réseau européen de transport (...) quitte à prendre fait et cause pour des projets dont la rentabilité socio-économique est discutée».