Tour de Pékin: «Le public chinois nous prend pour des extra-terrestres», explique Julien Bérard

Cyclisme Plongée au coeur du Tour de Pékin avec un cycliste lyonnais...

Cyrille Pac

— 

Julien Bérard, AG2R La Mondiale
Julien Bérard, AG2R La Mondiale — DR/Kramon

Julien Bérard, cycliste professionnel de 27 ans formé à Lyon, dispute actuellement le Tour de Pékin pour la formation française AG2R la Mondiale. Au soir de la deuxième étape, il était 81e d’un classement dominé par le Belge Philippe Gilbert. De la Tête d’Or à Pékin, plongée au cœur d’une course atypique perturbée par la pollution…

Comment s'est passée votre arrivée à Pékin ?
Nous sommes arrivés à 6 h du matin la semaine dernière. Nous étions la première équipe à atterrir. On a rencontré un petit problème à la douane car on devait laisser une caution pour les vélos. L'UCI avait prévu de la régler mais, en raison de la Fête nationale, les banques étaient fermées. On a  donc dû retirer environ 3.000 euros en liquide. Cela nous a fait perdre 2 heures. Ensuite, nous avons fait  300 km en direction des montagnes et du district de Chong li, candidat pour les JO d’hiver en 2022.

A quoi ressemble cette compétition ?
C’est une course par étapes de 5 jours. Elle est moyennement difficile et promise aux grimpeurs pour le général mais elle comporte également des sprints. Il y a trois étapes vallonnées, une étape de montagne avec une arrivée au sommet qui sera le juge de paix du classement général, et un critérium dans Pékin. Cette compétition regroupe les équipes du calendrier mondial de l’UCI. J’avais déjà participé à la première édition, en 2011. Il faut également parler de la pollution car l’étape de samedi a été raccourcie en raison de la pollution qui régnait aux abords de Pékin. Un match de foot a quand même été annulé pour cette raison! On ne sait pas comment cela va se passer pour la fin de la compétition. Le nuage ne va sûrement pas disparaître en quelques heures… À titre de comparaison, en France, le niveau d’alerte est de 80 ppm (parties par million, ndlr). Or, ici, on en est à 380 ppm ! Samedi, nous n’avons pas parcouru les 30 derniers kilomètres car le taux était supérieur à 300 dans la ville d’arrivée. Il faut quand même savoir qu’une journée à 300 ppm équivaut à 20 cigarettes...

Le public chinois est-il concerné par la course?
Les gens sont curieux et sortent par distraction car ils nous prennent pour des extraterrestres mais je pense que très peu d’entre eux suivent le cyclisme. 

Quels sont vos objectifs?
Je vais essayer d’aller dans les échappées et  de me montrer. Quant à mon rôle dans l’équipe, je suis un équipier chargé d’aider et  de protéger les deux coureurs désignés pour rentrer dans le top 10 (Nocentini et Kern, ndlr).

Quel bilan tirez-vous de votre saison?
Assez positif: j'ai fini quatre fois dans le top 10 d’épreuves que j'avais cochées. Le reste de l’année, j'ai couru pour mes leaders, notamment en participant à mon 4e Tour d’Italie.

Comment êtes-vous venu au vélo?
J'ai découvert le vélo avec mon grand-père et mon oncle dans les Alpes pendant des vacances d’été. J'ai ensuite été attiré par la piste de la Tête d'Or en arrivant à Lyon. J'ai effectué 9 ans au club Lyon sprint évolution avant de rejoindre Chambéry cyclisme, formation réserve de l'équipe professionnelle AG2R la Mondiale. Depuis 5 ans, je suis revenu dans mon club formateur que j'affectionne puisque j'y suis licencié. AG2R la Mondiale n'est, en effet, qu'un employeur. 

Piste, route… Votre parcours semble atypique…
Jeune, je faisais de la piste et du cyclo cross car c'était moins dangereux que la route, surtout quand on habite en ville. C'est une très bonne voie pour l'agilité et le caractère ludique. C'est important aussi de ne pas faire de l'endurance trop jeune. Gamin, on s'éclate dans ces disciplines que je regrette de ne plus pratiquer, faute de temps. Ce parcours est un avantage car je suis, ainsi, peut-être moins lassé de la route. 

Comment êtes-vous arrivé à AG2R et quand avez-vous décidé de faire une carrière pro?
J’avais un bon niveau junior et j'ai eu la chance d'être repéré par le Chambéry cyclisme formation. J'y suis alors resté 3 ans et, fin 2008, j'ai obtenu un stage dans l'équipe pro. J'ai refais une saison amateur avant de signer un premier contrat pro.

Quelles sont vos ambitions pour la saison prochaine?
Comme tout cycliste pro et français, je rêve de disputer leTtour. J’espère y arriver un jour et, pourquoi pas, l‘année prochaine. Le but étant de toujours continuer à progresser.