Vénissieux: Que va-t-il se passer dans les prochains mois?

POLITIQUE Après la décision du tribunal administratif de Lyon d'annuler les élections municipales de Vénissieux, les candidats disposent d'un mois pour faire appel. Dans cette hypothèse-là, les électeurs ne sont pas prêts de retourner aux urnes...

Caroline Girardon

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le 23 septembre 2014, Vénissieux. La maire communiste de Vénissieux est présente au tribunal administratif de Lyon, où doivent êtrre examinées deux requêtes visant à faire annuler partiellement ou totalement l'élection municipale de mars 2014.
le 23 septembre 2014, Vénissieux. La maire communiste de Vénissieux est présente au tribunal administratif de Lyon, où doivent êtrre examinées deux requêtes visant à faire annuler partiellement ou totalement l'élection municipale de mars 2014. — Elisa Riberry / 20 Minutes

Va-t-on vers une nouvelle élection? La décision du tribunal administratif de Lyon d'annuler mardi les élections municipales de Vénissieux a rebattu sur les cartes sur la commune. Le Préfet du Rhône dispose désormais de trois mois pour organiser un nouveau scrutin... sous réserve que personne ne fasse appel devant le conseil d'Etat. Car un appel serait alors suspensif.

Dans cette hypothèse-là, fort probable, le Conseil d'Etat disposerait d'un délai maximum de six mois pour statuer sur la question. Reste à savoir s'il suivra le tribunal administratif de Lyon. Yvan Benedetti, candidat de la liste nationaliste Vénissieux fait front, qui ne pourra pas se représenter puisqu'il a été taxé d'inéligibilité, confiait mardi à 20 Minutes qu'il envisageait néanmoins de déposer un recours.

Vers une alliance PS-PC?

Un scénario qui repousserait l'échéance d'une nouvelle élection et qui pourrait profiter à Michèle Picard. La maire PC pourrait ne pas conserver son fauteuil si elle ne s'allie pas cette fois avec le parti socialiste. «Une réunion avec tous les élus de la majorité doit être prochainement organisée pour décider de faire appel ou non», indique la mairie. «Sans vouloir être ironique, c'est un grand pas vers la démocratie, réagit Lofti Ben Khelifa (PS). Car jusque-là, cela n'a jamais existé. La mairie a toujours pris des décisions sans concerter personne.»

Mais de là à songer à une future alliance avec les communistes lors d'un nouveau scrutin, l'élu reste très prudent. «Pour nous, c'est compliqué de tourner le dos à 3.000 électeurs et soutenir le malheureux PC qui va perdre l'élection, poursuit Lofti Ben Khelifa. Nous avons toujours été force de proposition mais jamais entendus! Il est regrettable d'être représenté par une majorité d'amateurs.»

«Qu'elle arrête la politique»

A droite, Christophe Girard qui avait déposé l'un des deux recours pour faire annuler cette élection, sait qu'il a une carte à jouer. Depuis le mois de mars, les membres actifs de l'UDI l'ont rejoints. Tout comme Marc Soubitez, dissident... socialiste. «On voit à l'affolement de Michèle Picard, que nous sommes dans une logique qui sent la victoire.» Mardi, l'élue avait clairement désigné la «droite revancharde qui n’a pas accepté la large défaite» comme responsable de cette situation.

«Si elle a peur de la démocratie, qu'elle arrête la politique ou fasse de la dictature», répond Christophe Girard. En attendant, les électeurs risquent de devoir patienter avant de retourner aux urnes.

Vers une situation inédite?

Une fois qu'une date sera choisie pour une nouvelle élection, le Préfet du Rhône aura le pouvoir de dissoudre le conseil municipal de Vénissieux. Il nommera dans ce cas-là une délégation qui assurera l'intérim. Ce qui n'est encore jamais arrivé dans le Rhône