Vénissieux: Les élections municipales annulées

POLITIQUE Le préfet du Rhône et l'UMP avaient déposé un recours pour contester la présence de la liste nationaliste...

Caroline Girardon

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La mairie de Vénissieux
La mairie de Vénissieux — JEAN-PHILIPPE KSIAZEK

«Profonde injustice et totale incompréhension!» Voilà le sentiment qui anime la maire PC de Vénissieux, Michèle Picard. Le tribunal administratif de Lyon vient d'annuler les élections municipales à Vénissieux, suite à deux recours déposés. L'un par le préfet du Rhône et l'autre par Christophe Girard, candidat UMP. Tous deux contestaient la présence de la liste nationaliste Vénissieux fait front sur laquelle figuraient des personnes n'étant pas au courant de leur présence.

«Dans un climat délétère, nous avons mené une campagne exemplaire, sérieuse, et, contrairement à certains, respectueuse de l’ensemble des règles démocratiques et du débat public, s'insurge Michèle Picard dans un communiqué. A juste titre, les électeurs peuvent eux aussi se sentir lésés et bafoués car ils ont fait gagner notre liste avec plus de 950 voix d’avance, ce qui renforce ce sentiment d’injustice profonde.»

«Un déni de liberté»

Pour l'élue, le coupable est tout trouvé: la droite. «J’appelle les Vénissians (...) à se mobiliser et à faire bloc contre une droite libérale et populiste, une droite revancharde qui n’a pas accepté la large défaite exprimée de façon claire et nette dans les urnes en mars dernier», poursuit-elle.

«C'est un déni total de liberté» a déclaré Yvan Benedetti à 20 Minutes. Le candidat de la liste nationaliste se voit désormais privé de tout mandat ainsi que sa colistière. «Je pense que le règlement de compte continue. Je suis seul contre tous, affirme-t-il. Nous sommes la liste hors système. Marine Le Pen et le Front national (qui ne soutenaient pas cette liste) sont arrivés à leur fin

Un mois pour faire appel

Plutôt que de parler de «déception», Yvan Benedetti préfère évoquer «un acharnement du pouvoir». «Avec 12% des voix, nous avions une légitimité populaire.» L'homme dispose d'un mois pour faire appel de cette décision devant le Conseil d'Etat. Ce qu'il envisage de faire. L'appel serait alors suspensif. Les habitants ne seraient pas appelés à retourner aux urnes immédiatement.

En revanche, le temps que le Conseil d'Etat se saisisse de la question, Yvan Benedetti et sa colistière ne pourront plus siéger au conseil municipal de Vénissieux.