Lyon: Le transport de marchandises sous haute surveillance

SÉCURITÉ La police a procédé ce mardi matin à plusieurs contrôles pour vérifier le chargement des véhicules utilitaires et lutter contre le travail dissimulé…

Elisa Frisullo
— 
Le 7 octobre 2014, Lyon. La police accompagnée d'agents de la Dreal et d'inspecteurs du travail procède à Lyon à des contrôles du transport de marchandises par des véhicules utilitaires.
Le 7 octobre 2014, Lyon. La police accompagnée d'agents de la Dreal et d'inspecteurs du travail procède à Lyon à des contrôles du transport de marchandises par des véhicules utilitaires. — Elisa Riberry / 20 Minutes

Son patron risque de s’en mordre les doigts. Ce mardi matin, lors d’une opération de contrôles de transport de marchandises menée aux abords du pont Lafayette, dans le centre de Lyon, sur les camionnettes et petits fourgons, la police est tombée sur un travailleur d’origine portugaise, embauché «au noir» dans une entreprise de travaux publics. Son véhicule a été immobilisé et son employeur, qui a sans doute «oublié» de déclarer son salarié en France pour le payer moins cher au Portugal, s’expose à une amende de 45.000 euros.  

Des chauffeurs non déclarés

Des contrôles comme celui-ci, la police en a mené une dizaine ce mardi matin entre 7h30 et 10h30 dans toute la région Rhône-Alpes. Accompagnées des agents de la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal) et l’inspection du travail, les forces de l’ordre ont ciblé sur les routes  les véhicules utilitaires légers. Des interventions destinées à vérifier, bien sûr, le respect des règles de sécurité routière et de la réglementation du transport de marchandises, mais également à lutter contre le travail dissimulé.

«Les gens que nous contrôlons travaillent notamment pour des entreprises de transport (livreurs) ou des sociétés du bâtiment (maçons, plombiers…). L’objectif est de s’assurer qu’ils sont bien déclarés», résume Joël Darmian, responsable du transport de véhicules à la Dreal.  Et lorsque les papiers des salariés ne sont pas en règle, l’employeur soupçonné de fraude risque des sanctions allant de l’amende à la peine de prison, en passant par la fermeture administrative.

«Cela coûte cher de ne pas déclarer ses employés. L’employeur prend en plus beaucoup de risques car s’il n’y a pas de contrat de travail, il n’y a pas de protection sociale. En cas de problème, il n’est pas couvert», prévient Bernard Gauthier, inspecteur du travail.

Des camions trop chargés

Ce mardi, la charge des camions était également dans le viseur des contrôleurs. Certaines sociétés de transports de marchandises ont la fâcheuse tendance à surcharger leur véhicule. Comme ce transporteur de produits frais arrêté au niveau du pont Lafayette, avec à son bord 4,9 tonnes de marchandises contre 3,5 tonnes autorisées.

«Ces surcharges viennent fausser les règles de la concurrence et entraînent des problèmes de sécurité», lance Joël Darmian. Le fourgon arrêté mardi matin a lui aussi été immobilisé et le chef d’entreprise a écopé d’une amende de 750 euros. En 2013, en Rhône-Alpes, «9200 camions et petits utilitaires ont été contrôlés, ce qui représente environ 500 entreprises», a précisé ce mardi Stéphane Rouvé,  préfet délégué à la sécurité dans le Rhône.