Les punaises de lit envahissent des logements HLM à Vénissieux

SANTÉ Plusieurs familles de la résidence Le Couloud, gérée par le bailleur social de la ville de Vénissieux La Sacoviv, seraient concernées. Mais l'infestation ne se limite pas à cet ilôt d'immeubles...  

Elisa Frisullo

— 

Le 1er octobre 2014 à Vénissieux. Dans ces immeubles gérés par le bailleur social de Vénissieux, La Sacoviv, rue des Martyrs de la Résistance, plusieurs familles sont infestées de punaises de lit et n'arrivent pas à s'en débarrasser.
Le 1er octobre 2014 à Vénissieux. Dans ces immeubles gérés par le bailleur social de Vénissieux, La Sacoviv, rue des Martyrs de la Résistance, plusieurs familles sont infestées de punaises de lit et n'arrivent pas à s'en débarrasser. — Elisa Riberry / 20 Minutes

Ce mercredi matin, des matelas abandonnés jonchent le sol aux abords de l’une des allées de la résidence Le Couloud, située rue des Martyrs de la Résistance, à Vénissieux. Ce geste traduit l’impuissance de certaines familles de cet îlot d’immeubles HLM à se débarrasser des punaises de lit, qui infestent les lieux depuis des mois. «Ils ont jeté leur literie parce qu’ils ne savent plus quoi faire. Les bombes désinfectantes ne suffisent pas. Cela fait un an que ça dure et ils n’arrivent pas à s’en sortir», confie une habitante, épargnée pour l’heure par ces minuscules bestioles qui s’infiltrent dans les parquets, les vêtements, les lits, les meubles.

L'opposition municipale se saisit du dossier

Ici, l’affaire n’est donc pas nouvelle mais a pris cette semaine une tournure politique, avec la montée au créneau du groupe des élus socialistes, radicaux et apparentés de Vénissieux. Ces derniers, alertés par des familles de Vénissieux, ont dénoncé le manque de réactivité de la Sacoviv, le bailleur social  de la ville de Vénissieux gestionnaire de la résidence Le Couloud, dans ce dossier. «Ce problème a été détecté en 2010. Malgré les appels à l’aide répétés du collectif des locataires, le bailleur laisse les habitants sans solution. Laisser les habitants dans un tel dénuement est indigne», ont-ils dénoncé, rappelant la gêne subie dans les foyers concernés.

De fortes démangeaisons

Dans les quelques familles infestées, moins d'une dizaine selon les témoignages recueillis dans le voisinage ce mercredi, le quotidien peut en effet rapidement virer au cauchemar. Car les punaises de lits, très difficiles à déloger, piquent et leurs piqûres entraînent de fortes démangeaisons. Des nuisances prises au sérieux par La Sacoviv, qui dit avoir été alertée par une famille du Couloud mi-septembre. «J’ai sollicité les services de la ville qui m’ont confirmé l’aggravation dans tous les quartiers de Vénissieux de l’infestation, passée de deux cas connus en 2010 à six cas en 2012, neuf cas en 2013, et 30 en 2014», précise le président de la Sacoviv Pierre Alain Millet. Sur les cas officiellement signalés cette année, trois concernent des locataires du bailleur social. Mais le nombre de foyers infestés pourrait être plus important selon le président.

Un diagnostic précis à réaliser

«Après avoir discuté avec de nombreuses familles du quartier, il semble que plusieurs habitants tentent de traiter leur infestation sans avoir sollicité la ville ou le bailleur. L’étendue du problème est donc peut-être beaucoup plus importante que ce que nous connaissons. Ce serait alors un véritable enjeu de santé publique», ajoute Pierre-Alain Millet. Pour mesurer le taux réel d’infestation sur la commune, la Sacoviv devrait proposer prochainement aux autres bailleurs de la ville, de faire réaliser par une entreprise spécialisée un diagnostic précis. «Si ce que je crains se confirme, c'est-à-dire en cas d’infestation massive, il nous faudra proposer une mesure d’ampleur en lien avec les bailleurs et les syndics d’immeubles», assure le président de la Sacoviv.