«Je pense aux municipales tous les matins»

INTERVIEW Azouz Begag, futur candidat à la mairie de Lyon, dément renoncer aux législatives

©2006 20 minutes

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Azouz Begag, écrivain.

Ministre délégué à la Promotion de l’égalité des chances.

Certains affirment que vous n’allez pas vous présenter dans la 7e circonscription du Rhône aux prochaines élections législatives. Qu’en est-il ?

Je n'ai pas abdiqué. Il y a beaucoup de supputations autour de ma candidature. Je déciderai, en fonction de l'urgence de la situation, au cours du mois d'avril. En tout cas, si la diversité n'est pas un minimum respectée à l'Assemblée nationale en juin, cela va être une catastrophe dans les années à venir.

Et pour les élections municipales de Lyon en 2008 ?

Je suis né à Lyon, à l'hôpital Edouard-Herriot. Je suis le Lyonnais des bidonvilles devenu ministre. Je pense aux municipales tous les matins en me rasant, moi aussi. Une campagne face à Gérard Collomb (PS) et Dominique Perben (UMP) est salutaire pour la démocratie. Je serai présent aux municipales, c'est clair.

Que vous inspire l’affrontement Perben-Philip pour la 4e circonscription du Rhône ?

Je trouve scandaleux qu'il n'y ait que des hommes candidats aux législatives pour l'UMP. Dans cette circonscription, le PS va jouer la carte d'une femme issue de l'immigration, Najat Belkacem. Je regarderai avec un grand intérêt ce que les Lyonnais vont choisir.

Que pensez-vous de la campagne de Nicolas Sarkozy ?

Une démocratie commence à trois. Quand il y a deux candidats annoncés deux ou trois mois à l'avance, j'appelle cela la dictature des sondages et la pauvreté de la bipolarisation. Je trouve que François Bayrou introduit une diversité dans l'offre politique qui est salutaire pour la démocratie. La diversité n'appartient ni à la droite, ni à la gauche. Ce clivage ne me convient plus non plus.

Quel bilan faites-vous de vos deux années au gouvernement ?

Aujourd'hui, la diversité s'est installée partout. Ce qu'on a fait pendant deux ans était inédit. Les socialistes avaient promis cette France black-blanc-beur en 1981. Ils en sont restés à la France blanc-blanc-blanc. Que Najat Belkacem soit l'une des porte-parole du PS, je m'en réjouis. J'ai juste envie de demander à Gérard Collomb pourquoi n'a-t-il pas trouvé en vingt-cinq ans une Najat ou un Mohamed à Lyon.

Qu’allez vous raconter dans votre livre sur votre expérience de ministre ?

C'est le récit de l'aventure d'un homme libre de la société civile qui entre dans le monde politique. Et qui a connu toutes les violences, les humiliations mais aussi de fabuleuses rencontres. J'ai envie de dire aux enfants de l'immigration qui arrivent derrière moi à quoi il faut s'attendre quand on devient ministre. En politique, il y a plus de violences que dans les banlieues. Les violences y sont plus cruelles parce qu'elles y sont plus sourdes.

Recueilli par Carole Bianchi