Saint-Etienne: Le prêtre qui hébergeait des sans-abri a été relaxé

JUSTICE La justice a estimé que le droit à l’hébergement d’urgence relevait de la «liberté fondamentale»…

C.G. avec AFP
— 
google map saint etienne (loire)
google map saint etienne (loire) — capture d'écran Google map

A la barre, le vieil homme sourit, félicité par son entourage. Le père Gérard Riffard, 70 ans, a été relaxé ce mercredi par le tribunal de police de Saint-Etienne (Loire). Il était poursuivi pour avoir hébergé des réfugiés dans un local de l’église Sainte-Claire; ce que lui interdisait formellement un arrêté pris par la municipalité.

«Ce que l’Etat aurait dû faire lui-même»

La justice a estimé que «le droit à l’hébergement d’urgence» relevait de la «liberté fondamentale». «Il est paradoxal que l’Etat poursuive aujourd’hui le père Riffard pour avoir fait ce qu’il aurait dû faire lui-même», a écrit le juge Henry Helfre.

«Si la puissance publique n’a pas les moyens de satisfaire la demande d’hébergement d’un sans-abri, elle doit déléguer ce devoir à toute autre personne morale ou physique en capacité de l’accueillir», a encore fait valoir le magistrat.

Dénonçant «l’appel d’air en faveur des filières d’immigration clandestine créé par cette situation», le représentant du parquet avait requis une condamnation correspondant à 239 fois une amende de 50 euros, précisant que le bâtiment ne respectait pas toutes les normes de sécurité pour accueillir du public.

Le parquet fait appel

«C’est important qu’il y ait eu un débat de fond sur la question, pas uniquement sur les aspects juridiques. Le tribunal a reconnu que l’Etat devait prendre ses responsabilités», a réagi le père Riffard indiquant qu’il abritait à ce jour 50 adultes et 14 enfants scolarisés, «certains restent 15 jours, d’autres y sont depuis un an et demi».

L’évêque de Saint-Etienne, Mgr Dominique Lebrun, a indiqué dans un communiqué qu’il se «réjouit de cette décision de justice (…) qui reconnaît que l’état de nécessité prime sur d’autres normes». Le parquet a annoncé qu’il ferait appel de cette décision.