Lutte libre: Zoheir El Ouarraqe se prépare «à aller faire la guerre»

SPORT Double champion de France, le Sanpriot participe ce lundi aux Championnats du monde en Ouzbékistan…

Stephane Marteau

— 

Zoheir El Ouarraqe (à d.), l'an dernier, lors des Championnats du monde à Budapest où il s'était classé 7e.
Zoheir El Ouarraqe (à d.), l'an dernier, lors des Championnats du monde à Budapest où il s'était classé 7e. — FERENC ISZA / AFP

Il est tombé dedans tout petit, par la grâce de son directeur d’école à Saint-Priest qui l’a dirigé vers cette discipline confidentielle. Et il n’a pas eu à le regretter. «ça m’a permis de me canaliser et de me remettre dans le droit chemin car j’étais un petit peu bagarreur», reconnaît Zoheir El Ouarraqe. A 23 ans, le Sanpriot est surtout devenu la gloire de son club où il a entraîné dans son sillage deux de ses frères, dont l’un (Bilal) a été récemment sacré champion d’Afrique juniors des moins de 60 kg après avoir opté pour le drapeau marocain.

Zoheir, lui, a choisi de défendre les couleurs de la France dont les athlètes se sont plus souvent illustrés en gréco-romaine qu’en lutte libre, à l’image d’Yvon Riemer, de Ghani Yalouz, des frères Guénot ou du Lyonnais Patrice Mourier, champion du monde en 1987 et champion d’Europe en 1990. «J’ai longtemps pratiqué les deux styles avant de me spécialiser dans la lutte libre qui autorise une plus grande variété de prises puisqu’on peut attaquer en utilisant la totalité du corps», indique Zoheir.

Objectif JO 2016

Depuis deux ans, il règne dans sa catégorie (- 57 kg) où il a obtenu deux titres nationaux ainsi qu’une médaille de bronze lors des derniers Championnats d’Europe. Et ce lundi, il participe aux Championnats du monde à Tachkent (Ouzbékistan) avec l’ambition de progresser dans la hiérarchie internationale, lui qui s’était classé 7e l’an dernier, à Budapest (Hongrie). Ce rendez-vous lui servira également à s’étalonner dans la perspective des Mondiaux de 2015 à Las Vegas, qualificatifs pour les Jeux olympiques de Rio. «Il s’agira alors de terminer dans les cinq premiers afin de valider directement mon billet pour les JO, ce qui me laisserait un an pour me préparer. Dans le cas contraire, il faudra finir sur le podium d’un des trois tournois de qualifications».

Celui qui s’entraîne depuis cinq ans à l’Insep, à raison de deux séances quotidiennes, se prépare donc «à aller faire la guerre.» «C’est comme ça que j’aborde toutes les échéances», affirme le Sanpriot qui considère la lutte comme son «métier.» Mais ce n’est pas ce qui lui permet de subvenir à ses besoins. En revanche, il peut compter sur le soutien financier de la police nationale dont il représente l’image. «C’est une convention renouvelable en fonction de mes résultats», souligne-t-il.