Les sixièmes font leur rentrée à Al-Kindi

EDUCATION Jusqu'en juillet, vingt-deux élèves de 6e seront accueillis dans l'établissement, avant l'ouverture programmée de quatre autres classes à la rentrée

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« Les élèves peuvent venir en toute liberté, porter le voile s'ils le veulent. Ils sont comme chez eux. » Hier matin, Oya Bogan a accompagné pour la première fois sa fille au collège-lycée musulman Al-Kindi (Décines), ouvert le matin même, après un an de bataille juridique avec le rectorat de Lyon. Jusqu'en juillet, vingt-deux élèves de 6e, dont plusieurs jeunes filles voilées, seront accueillis dans l'établissement, avant l'ouverture programmée de quatre autres classes à la rentrée. Les élèves, jusqu'alors scolarisés dans le public, sont arrivés dès 8 h 30, en présence de nombreux journalistes. « Je suis heureuse de venir ici. Là où j'étais, les professeurs étaient souvent absents », a souligné Zaïmen, 11 ans, avant d'assister à son premier cours de français. Une journée de classe très attendue par les parents, qui paieront 1 200 € par an pour offrir à leurs enfants « une connaissance de la culture musulmane ». « J'attends aussi ici un enseignement de qualité et un meilleur encadrement pour ma fille », a expliqué Tarek Bejaoui, « déçu » par le public. Dès cette semaine, les élèves suivront le programme de l'éducation nationale, complété par deux heures facultatives de « culture de l'islam ». Le vendredi après-midi, « très important pour les musulmans », sera laissé libre, a précisé le vice-président d'Al-Kindi Hakim Chergui, « heureux » d'accueillir ses premiers élèves. « Mais j'attends de voir leurs résultats au brevet et au bac pour être vraiment fier », a-t-il ajouté. Mercredi dernier, le conseil supérieur de l'éducation avait autorisé, contre l'avis du rectorat, l'ouverture d'Al-Kindi, appelé à devenir dès la prochaine rentrée le plus grand établissement de ce type en France.

Elisa Frisullo