Enlèvement d'Assia: «Il n'y a pas eu de maltraitance du père»

FAITS DIVERS Après 8 mois de combat, Meriam Rhaiem a retrouvé sa fille enlevée en Syrie par son père, un djihadiste français: son avocat raconte l'heureux dénouement…

Caroline Girardon

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Assia et sa maman sont rentrées en France dans la nuit de mardi à mercredi.   AFP PHOTO / KENZO TRIBOUILLARD
Assia et sa maman sont rentrées en France dans la nuit de mardi à mercredi. AFP PHOTO / KENZO TRIBOUILLARD — AFP

Elle-même le disait: elle ne pensait jamais revoir sa petite fille vivante. Après un long combat de 8 mois où elle a remué ciel et terre, Meriam Rhaiem, jeune maman qui réside dans le pays de Gex (Ain) a retrouvé son enfant saine et sauve. «Je suis très heureux mais pas autant que la maman qui resplendit de joie et qui est lumineuse», confie à 20 Minutes, Gabriel Versini l’avocat de la jeune femme.

«Aucune maltraitance»

Assia, âgée de 2 ans, avait été enlevée le 14 octobre par son père, employé de l’Education nationale, parti rejoindre en Syrie les djihadistes de Jabat-al-Nosra. (la branche officielle d’Al-Qaïda en Syrie).

«Quand elle est descendue de l’avion, dans les bras de sa maman, nous avons vu une petite fille chétive, apeurée, amaigrie et craintive, raconte l’avocat. Mais contrairement à ce qui a été dit, il n’y a pas eu d’actes portés à son intégrité physique. Elle n’avait aucune trace inquiétante sur le corps. Même si on ne sait pas quelles ont été ses conditions de vie pendant 8 mois, il n’y a pas eu de maltraitance de la part du père.»

Aucune explication

D’intenses tractations avec Ankara (Turquie) ont permis de restituer enfin la fillette à sa mère, qui ont atterri vers deux heures du matin ce mercredi à l’aéroport de Villacoublay (Yvelines).

«Mme Rhaiem a su trouver les mots qu’une mère dit à son enfant pour la rassurer, poursuit Gabriel Versini. Le lien a été recréé très rapidement. Pour preuve: quand elle est sortie de la voiture, l’enfant était tellement agrippée à sa maman, elle la serrait tellement fort qu’on ne pouvait pas embrasser Mme Rhaiem.»

Pour l’avocat, l’heureux dénouement n’aurait pas été possible sans «l’intervention nourrie, répétée et régulière du Premier ministre, des ministres de l’Intérieur, des Affaires étrangères et de la Justice. Mme Taubira a été extraordinaire.» Et de poursuivre: «On sait que les gouvernements français et turcs ont tout fait pour retrouver cette petite fille. Mais tout cela relève de l’Etat.»

Le père, un Franco-Tunisien sous le coup d’un mandat d’arrêt international, est quant à lui toujours détenu dans les geôles turques. Il avait été arrêté la semaine dernière à la frontière syrienne avec son enfant. «Il faudra qu’un jour il explique pourquoi il a soustrait cette petite à sa mère, lâche Gabriel Versini. Aujourd’hui, la problématique est de comprendre pourquoi il a fait cela. C’est important pour la maman.»