Remaniement du gouvernement: L'envol de Najat Belkacem n'étonne personne

POLITIQUE L'ascension de la «stratège» ne surprend pas les élus lyonnais...

Caroline Girardon avec Elisa Ribérry-Frisullo
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Najat Vallaud-Belkacem, nommée le 26 août 2014 ministre de l'Education, à Ouistreham le 20 août 2014
Najat Vallaud-Belkacem, nommée le 26 août 2014 ministre de l'Education, à Ouistreham le 20 août 2014 — Charly Triballeau AFP

Depuis mardi soir, tous les projecteurs sont braqués sur elle. Najat Vallaud-Belkacem, intronisée Ministre de l’Education, est aujourd’hui attendue au tournant. A 36 ans seulement, la Lyonnaise a connu une ascension fulgurante, passant des bancs du conseil municipal de Lyon à la rue de Grenelle (Paris) en à peine sept ans.  

«Je ne suis pas surpris, concède Denis Broliquier maire UDI du 2e arrondissement. Elle est jeune, ambitieuse. Elle sort de la diversité, elle est mignonne et s’exprime bien. Elle réunit tous les éléments stratégiques et possède toutes les qualités pour faire bien dans une équipe.»

«Le physique et le ton»
«Elle a le physique et le ton qui conviennent, ça aide à gravir les échelons, avance Emmanuel Hamelin, conseiller municipal UMP. Elle a toujours ce petit sourire très agréable même lorsqu’elle dit des choses très dures. Cela permet d’enjoliver le propos et de faire passer certains messages.»

«Coachée» par son mari avec qui elle forme une «vraie équipe», selon plusieurs témoignages, la jeune femme a facilement appris à «maîtriser l’art de communiquer». Un atout qui a rapidement séduit Ségolène Royal en 2007. Lors de la campagne présidentielle, la candidate socialiste avait fait de la Lyonnaise, sa porte-parole, lui ouvrant ainsi les portes médiatiques.

Stratège?
«Lorsque Ségolène Royal était au plus bas, Najat a su se rapprocher d’elle. Elle a été suffisamment intelligente pour faire humainement ce qu’il fallait, raconte un élu. Quelque part, ça lui a servi pour la suite…» Stratège ? Assurément, pour certains. «Têtue» également. «Elle sait ce qu’elle veut», affirme Denis Broliquer évoquant le souvenir de discussions «détendues» et «très sympathiques».

«On rigole beaucoup avec elle. Mais quand elle a une idée et qu’elle pense qu’elle a raison, elle ne lâche rien. Elle peut même se montrer dure et cinglante.» Une attitude qui ne rassure pas le maire du 2e. «Parfois, au lieu de jouer l’apaisement, elle n’hésite pas accentuer les clivages», poursuit-il. «Jusqu’à présent, elle n’a pas été trop exposée médiatiquement, enchaîne Emmanuel Hamelin. Or le Ministère de l’Education nationale est bien plus technique et politique que les précédents qu’elle avait.»

«Les épaules pour ça»
«Je ne doute pas de ses capacités mais de sa volonté d’agir réellement, ajoute Denis Broliquier. Elle n’aura pas envie de se mettre une partie des fonctionnaires à dos». «Il va falloir qu’elle fasse attention à réunir dans l’Education nationale, prévient Gérard Collomb, le maire PS de Lyon et ancien mentor de Najat Vallaud-Belkacem. Si elle veut réussir son passage au ministère, il va falloir qu’elle fasse attention à ne pas rouvrir un certain nombre de front qui se sont apaisés ces derniers mois.» «Il va falloir qu’elle fasse preuve de tact et de rassemblement, abonde David Kimefeld, maire PS du 4e arrondissement. Mais je ne suis pas inquiet compte tenu des postes qu'elle a déjà occupés. Elle a les épaules pour cela».