Le moustique tigre continue de se propager

SANTE Actif entre début mai et fin novembre, l’aedes albopictus continue de se propager en Rhône-Alpes comme dans 18 autres départements métropolitains, malgré les mesures mises en place pour freiner sa propagation…

Elisa Frisullo
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Moustique tigre.
Moustique tigre. — EID Mediterranee / AFP

Dix ans après son arrivée en métropole, et deux ans après la première détection en Rhône-Alpes, l’aedes albopictus, plus connu sous le nom de moustique tigre, continue de faire parler de lui.

Pire, l’insecte originaire d’Asie, vecteur potentiel de la dengue et du chikungunya, se propage dans des secteurs épargnés jusqu’alors, malgré les actions de prévention mises en place sur les territoires concernés pour freiner son développement.

Villefranche et Gleizé désormais concernées

La région Rhône-Alpes n’échappe pas à cette prolifération, même si le nombre de départements placés en niveau 1 de risque (sur une échelle de 5) n’a pas évolué depuis 2012. «Il est implanté dans le Rhône, l’Isère, la Drôme et l’Ardèche, ce qui ne signifie pas qu’il soit présent sur tout le département concerné», précise à 20 Minutes Delphine Rey, biologiste à l’entente interdépartementale de démoustication Rhône-Alpes (EID), chargée notamment de la surveillance et de la démoustication pour le compte de l’Agence régionale de Santé.

«En revanche, il a continué à progresser et à s’installer dans de nouvelles zones», ajoute Christophe Bellet, responsable départemental de l’EID pour la Drôme, l’Ardèche et le Rhône. En Ardèche, l’aedes albopictus a notamment progressé dans le sud et dans le Rhône, sa présence, jusqu’alors observée à Saint-Priest, Villeurbanne et Grigny, est depuis cette année confirmée à Villefranche-sur-Saône et Gleizé.

Un risque de transmission de la dengue plus important

Si depuis son arrivée en métropole, les cas «autochtones» de dengue et chikungunya (des cas de personnes piquées et contaminées en métropole sans avoir voyagé) sont rares, la percée du moustique tigre n’en reste pas moins préoccupante. «Il y a eu un cas autochtone probable signalé en 2013 dans les Bouches-du-Rhône et aucun en 2014», précise Christophe Bellet.

Le nombre de personnes revenues d’un voyage en zone d’endémie avec la dengue a progressé en Rhône-Alpes, selon l’Agence régionale de Santé, qui indique que 50 cas ont été signalés en 2013. En clair, cela signifie que le risque de transmission de la maladie par un moustique vecteur est plus important. Pour chaque cas probable ou confirmé de maladies (à déclaration obligatoire), l’EID est donc chargée de réaliser «une enquête de voisinage» pour s’assurer de la présence ou non de l’insecte dans l’environnement du patient. Mais cela ne suffit pas.

Des gestes simples contre la propagation

Pour freiner la propagation de l’insecte et limiter les risques de contamination, l’ARS rappelle donc quelques gestes basiques indispensables pour limiter les lieux de ponte et de repos du moustique, contre lequel les insecticides et répulsifs n’ont pas d’effet durable. L’aedes albopictus se développant surtout dans de petites quantités d’eau, il est vivement conseillé d’enlever, chez-soi, tous les objets abandonnés dans le jardin pouvant servir de récipient, de vider une fois par semaine, vases, soucoupes et seaux, de vérifier le bon écoulement des eaux de pluie et d’entretenir correctement son jardin pour réduire les sources d’humidité.

En cas de doute, enfin, sur la présence d’un moustique tigre dans son environnement, mieux vaut prendre contact avec l’EID de sa région. Cette dernière utilise en effet des pièges pondoirs pour confirmer l’implantation du moustique sur une zone mais également les signalements faits par le grand public.

Comment le reconnaître

Le moustique tigre se reconnaît surtout par sa petite taille (entre 5 et 8 mm) et sa couleur sombre tachetée de blanc. Autre particularité, contrairement à d’autres moustiques, cet insecte, très «agressif» selon l’EID, pique également beaucoup en journée. Seules les femelles piquent pour prélever le sang nécessaire à la fabrication de leurs œufs. Elles pondent environ 250 œufs tous les deux jours.