Un chantier nature à Miribel pour avoir les pouces verts

Caroline Girardon

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Parmi les six adolescents ayant participé au chantier, quatre jeunes filles.
Parmi les six adolescents ayant participé au chantier, quatre jeunes filles. — C. Girardon/20 Minutes

Du parc de Miribel Jonage, elles ne connaissaient que les plages et les meilleurs endroits pour faire un barbecue. Mais depuis le début de la semaine, Gaëlla, Anaïs et Sonia, âgées de 17 ans, explorent une autre partie du site puisqu'elles participent durant six jours à un chantier environnemental. Envoyés par le centre social Georges-Lévy de Vaulx-en-Velin, elles et trois autres camarades ont pour mission de construire un corridor pour les blaireaux, en implantant plus de 250 arbustes.

«C'est un couloir pour les aider à passer d'un endroit à l'autre car ils n'aiment pas sortir en journée», raconte Anaïs. Un petit boulot d'été, rémunéré un peu plus de 100 €. «Etre en plein milieu des terres, ce n'est pas toujours évident. Surtout lorsqu'il pleut, sourit Gaëlla. Je ne suis pas très portée sur la nature. Je préfère la ville.»

«Je n'avais encore jamais utilisé d'outils de jardinage, mais c'est une découverte assez intéressante», avoue Sonia, prête à retenter l'expérience. Patrice Joubert, animateur du projet Naturama 2 000, est chargé de piloter le petit groupe d'adolescents. «Je les ai un peu sous-estimés au départ. Je voyais qu'ils n'étaient pas très à l'aise en milieu naturel, explique-t-il. En réalité, j'ai été très surpris car ils sont très efficaces. Ils travaillent bien et ne sont pas là pour faire de la figuration.» Tous avaient en réalité un objectif : se payer le Bafa à la fin de l'été. Chaque année, le parc de Miribel accueille environ 250 jeunes, issus des centres sociaux des villes environnantes. En leur confiant des missions comme le ramassage des ordures sur les plages, l'entretien des jardins ou la préservation de l'environnement, l'objectif affiché est de «prévenir la délinquance», selon Elise Daunay, de la Segapal, société publique qui gère le parc. «L'occasion leur est donnée de découvrir le monde du travail, le respect des consignes et des horaires.» Et de devenir incollables sur la vie des blaireaux ou des castors.