Grève SNCF: «Les usagers sont usés»

TRANSPORTS Le conflit social qui s'enlise suscite la colère des voyageurs bloqués...

Elisa Riberry

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Les trains maintenus sont souvent bondés, comme ici à la Part-Dieu.
Les trains maintenus sont souvent bondés, comme ici à la Part-Dieu. — E. Riberry / 20 Minutes

Des trains bondés aux heures de pointe, supprimés, bloqués par des grévistes ou remplacés par des cars. Huit jours après le début de la grève des cheminots, les usagers devraient de nouveau voir leurs déplacements perturbés ce mercredi . Une situation qui, forcément, commence à engendrer des tensions entre certains grévistes et voyageurs excédés.

Grève des billets

«Depuis lundi, certains grévistes irresponsables bloquent des trains qui sont censés circuler. C'est tendu, bien sûr, témoigne Mathieu Gouteffangeas, président de l'Association de défense des usagers de Lyon/Saint-Etienne (Adulst). Les gens sont usés, épuisés de ne pas pouvoir aller au travail ou de ne pas pouvoir rentrer le soir. Ils en ont marre de servir de monnaie d'échange entre un gouvernement et des syndicats qui campent sur leurs positions.» L'association, qui réclame la mise en place d'un vrai service minimum, a appelé les usagers de la ligne à faire entendre leur voix de manière symbolique en refusant de présenter leur billets aux contrôleurs.

Mardi après-midi, en gare de Perrache, où la majorité des TER était remplacée par des cars, les rares usagers venus tenter leur chance n'étaient guère plus compréhensifs. «Honnêtement, notre pays ne serait pas en crise, il n'y aurait pas des millions de chômeurs, on pourrait se permettre de faire la grève. Mais là, empêcher des gens d'aller bosser, de se déplacer, c'est de l'irresponsabilité totale, s'agace Philippe, un Parisien auquel la grève a déjà coûté une petite fortune. J'ai été obligé de prendre un avion pour honorer un rendez-vous, car mon train avait été supprimé à la dernière minute. La plaisanterie m'a coûté 260 euros.»

Maurice, 67 ans, était plus serein, malgré les incertitudes pesant sur le départ de son TER devant le conduire à Vichy. «C'est pas pratique pour moi. Mais je comprends les cheminots. Le système national ferroviaire disparaît, on va vers la concurrence. A leur place, je ferais pareil.»

 

Indemnisation

Lundi, la SNCF avait indiqué que si la grève était reconduite mardi, l'indemnisation des abonnés TGV et TER serait portée à 33% et non plus à 20%. Des réductions valables sur les abonnements de juillet.