Al Kindi : Une année de rebondissements et revers administratifs

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21 février 2006 : Les responsables de l’association Al Kindi, membres de l’Union des organisations islamiques de France annoncent leur volonté d’ouvrir le premier groupe scolaire de France à la rentrée 2006 dans le quartier du Prainet à Décines.
 
Début mai 2006 : L’association Al Kindi dépose auprès du rectorat une première demande pour ouvrir en septembre une classe de 6e et une classe de seconde dans les locaux d’une mosquée, le temps d’obtenir un permis de construire pour la réalisation de menus travaux dans les futurs locaux du collège-lycée musulman.
 
11 juin 2006 : le rectorat de Lyon, qui estime que la taille des salles et les équipements sanitaires ne convient pas à l’accueil des élèves, s’oppose à l’ouverture de classes dans la mosquée.
 
4 juillet 06 : le conseil académique de l’éducation nationale (CAEN) confirme l’opposition du recteur de Lyon Alain Morvan à l’ouverture d’Al Kindi.
 
31 juillet 2006 : Le futur directeur de l’établissement et porteur du projet Al Kindi, Zoubir Meddour dépose un second dossier d’ouverture pour l’accueil de 150 élèves de la sixième à la seconde à la rentrée, dans les locaux du 15, rue Sully.
 
25 août 2006 : A dix jours de la rentrée, une suspicion de pollution des sols vient menacer l’ouverture de l’établissement privé hors contrat. Le site choisi par Al Kindi, occupé jusqu’en 2001 par un fabricant industriel, est répertorié par le ministère de l’environnement parmi les terrains « à la pollution des sols avérée ».
 
30 août 2006 : Pas de rentrée pour les 150 élèves pré inscrits à Al Kindi. Comme il le laissait entendre depuis plusieurs jours, le recteur Alain Morvan s’oppose une nouvelle fois à l’ouverture du groupe scolaire, appelé à devenir le plus grand de ce type en France. Dans sa décision, ce dernier ne fait pas état de la pollution des sols mais s’appuie sur démission du futur directeur de l’établissement Zoubir Meddour pour justifier son opposition. « Le dossier n’est plus porté par personne, il est vide et n’existe plus », estime alors Alain Morvan.
 
22 septembre 2006 : le CAEN confirme une nouvelle fois la décision du rectorat. Un comité de soutien à Al kindi, regroupant les principaux responsables d’associations musulmanes de la région Rhône-Alpes se crée à Lyon.
 
5 octobre 2006 : Une centaine de personnes, parmi lesquelles de nombreuses femmes voilées se réunissent devant le rectorat de Lyon pour réclamer l’ouverture du collège musulman »Recteur de quoi as-tu peur ? » « Pourquoi nous priver d’une école privée », peut-on lire sur les banderoles des manifestants.
 
11 octobre 2006 : La communauté musulmane durcit le ton. Trois cents personnes manifestent sous les fenêtres du recteur Alain Morvan. Dans le même temps, une cinquantaine d’enfants, qui suivent des cours de soutien à Al Kindi depuis plusieurs semaines sont accueillis dans l’établissement dans le cadre d’une journée école ouverte.
 
8 novembre 2006 : Le conseil supérieur de l’éducation, chargé de statuer en appel sur l’ouverture du collège-lycée musulman, annule la décision du CAEN et décide de renvoyer le dossier devant la juridiction administrative.
14 novembre 2006 : Nouveau revers pour Al Kindi. Le juge des référés du tribunal administratif de Lyon, saisi en urgence par Zoubir Meddour, confirme à son tour l’opposition du rectorat de Lyon à l’ouverture de l’établissement, prononcée le 30 août. Les responsables du futur établissement envisagent de saisir le tribunal administratif de Lyon sur le fond du dossier.
 
21 novembre 2006 : Al Kindi dépose une troisième demande d’ouverture auprès du rectorat.
 
19 décembre 2006 : Alain Morvan recale une fois encore Al Kindi et évoque la suspicion de pollution des sols pour justifier son refus. « C’est une affaire où l’intégrisme a une part belle. Depuis le début, nous avons des doutes quant au financement de cet établissement. Je ne vois pas comment dans ce cadre-là, la laïcité et la république trouveraient leur place », déclare Alain Morvan à 20 minutes.
 
8 janvier 2007 : Le CAEN confirme la troisième opposition du rectorat.
 
24 janvier 2007 : Le tribunal administratif de Lyon examine une nouvelle requête de Zoubir Meddour futur directeur d’Al Kindi, contre l’opposition du recteur de Lyon du 30 août 2006.
 
15 février 2007 : le tribunal administratif de Lyon rejette à son tour la requête de Zoubir Meddour, estimant qu’il n’y a pas lieu à statuer sur la décision du recteur qui ne fait en elle-même pas opposition à l’ouverture de l’établissement. La justice autorise ainsi l’ouverture d’Al Kindi.
 
18 février 2007 : les responsables d’Al Kindi annoncent l’ouverture partielle du collège-lycée musulman le 5 mars.