Julie, greffée en 2012, doit accoucher en août d'une petite fille.
Julie, greffée en 2012, doit accoucher en août d'une petite fille. — HCL

Lyon

Une grossesse «miracle»

SANTÉ Julie est tombée enceinte après une autogreffe ovarienne

En août, Julie, une Ligérienne de 31 ans, donnera naissance à une petite fille. Un «véritable miracle» pour cette jeune femme, dont les chances de tomber enceinte étaient considérées comme faibles, il y a peu, par le corps médical. «Sa grossesse est la première en Rhône-Alpes et la septième en France après une autogreffe de tissu ovarien», s'est réjoui lundi Bruno Salle, chef du service de médecine de la reproduction des HCL. En 2012, en effet, Julie s'est fait greffer ses propres tissus ovariens, prélevés douze ans plus tôt alors qu'une leucémie venait de lui être diagnostiquée.

Peu de garanties de succès


«Elle devait subir une greffe de moelle et des chimiothérapies, un traitement qui risquait de la rendre stérile à vie», précise Jacqueline Lornage, biologiste dans le service de médecine de la reproduction. Pour lui donner une chance d'enfanter un jour, on lui retire alors l'un de ses ovaires, conservé ensuite au Centre d'étude et de conservation des œufs et du sperme humains. A cette époque, la greffe ovarienne est expérimentée sur la brebis, chez qui des naissances sont enregistrées dès 2002. Très vite appliquée aux patientes subissant des traitements stérilisants, cette technique en est aujourd'hui encore au stade expérimental. «Lorsqu'on a décidé, avec mon mari, de tenter la greffe, on savait qu'il y avait peu de chance. Mais c'était notre dernier espoir après un don d'ovocytes qui n'avait pas marché», raconte Julie, aujourd'hui installée dans le sud de la France. Quatre mois après la greffe, elle retrouve finalement un cycle normal et tombe enceinte naturellement quelques mois plus tard.

Une belle histoire qui a également redonné du baume au cœur à l'équipe médicale lyonnaise. «Je pensais que ça allait marcher un jour. Mais à force de faire des restitutions ovariennes sans avoir de résultats, on commençait à ne plus être très optimistes», reconnaît Bruno Salle. Depuis 2002, le CHU de Lyon a réalisé 12 greffes, dont la moitié ces dix-huit derniers mois. Six d'entre elles permettent encore d'espérer d'autres grossesses.

■ Une quarantaine de naissances

La première naissance mondiale obtenue chez une femme après une autogreffe de tissu ovarien a eu lieu en 2005 en Belgique et la première française, en 2009, à Besançon. Depuis, une quarantaine d'enfants sont nés de cette technique de préservation de fertilité, dont quatre en France. Au CHU de Lyon, 250 prélèvements de tissu ovarien ont été réalisés depuis 2012.