Grrrnd Zero a son chantier en friche

Elisa Riberry
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Le collectif espérait ouvrir son espace, rue de Bohlen, en septembre.
Le collectif espérait ouvrir son espace, rue de Bohlen, en septembre. — Grrrnd Zer

Décidément, la vie d'artiste alternatif à Lyon est loin d'être un long fleuve tranquille. Un an après avoir quitté sa friche de Gerland pour se poser dans un lieu pérenne attribué par le Grand Lyon à Vaulx-en-Velin, le collectif Grrrnd Zero nage toujours en plein flou artistique. Si bien que les artistes ont adressé une lettre ouverte au maire PS de Lyon Gérard Collomb, pour lui rappeler ses engagements, et placardé des portraits de l'édile dans le centre-ville. Une action destinée avant tout à montrer leur désarroi face à une situation devenue «ubuesque».

«On a le sentiment de se faire trimballer depuis un an», explique Florian, l'un des membres du collectif créé en 2004. En novembre, pourtant, ces artistes underground ont reçu une première enveloppe de 100 000 € de la ville de Lyon pour pouvoir commencer à réhabiliter 2 000 m2 d'une ancienne usine de Vaulx. «Mais nous n'avons toujours signé aucune convention d'occupation des lieux. Nous ne pouvons donc engager aucune entreprise de travaux, ni utiliser cette enveloppe», ajoutent les artistes qui, las d'attendre, ont entamé eux-mêmes le chantier.

Lenteurs administratives


«Forcément, il est illégal, donc le Grand Lyon nous a demandé de l'arrêter», ajoute Grrrnd Zero, censé à l'origine ouvrir «son» lieu de créations et spectacles en septembre. Un délai intenable désormais pour le collectif qui, à Gerland, accueillait 90 artistes en résidence et des milliers de spectateurs par an. «Là, on arrive tout juste à faire une date par mois lorsqu'on trouve un lieu. C'est intenable», précise Florian. Pour concrétiser enfin leur projet, Grrrnd Zero demande une régulation rapide de leur présence à Vaulx, et l'attribution d'un bail de 5 ans renouvelable ainsi que la mise à disposition gratuite de la friche. Des engagements sur lesquels la ville de Lyon ne semble pas être revenue. «Le projet n'est pas remis en cause, il s'agit seulement de lenteurs administratives. Le montage juridique est compliqué pour réaliser cette convention», assure la mairie.

■ Réhabilitation

La ville de Lyon s'est engagée à verser 300 000 € à Grrrnd Zero pour réhabiliter l'usine. Pour limiter le coût du chantier, évalué à 1 million d'euros, le collectif veut faire appel à la récupération.