«Les travaux doivent s'arrêter»

Caroline Girardon
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La construction du site se poursuivra, malgré les appels d'Eric Petetin.
La construction du site se poursuivra, malgré les appels d'Eric Petetin. — P. Merle / AFP

 

Depuis quelque temps, il a troqué sa plume de vautour pour mettre dans ses longs cheveux grisonnants, une fleur des champs. Mais l'Indien, comme on le surnomme, ne s'est pas assagi pour autant. Eric Petetin, figure de la lutte écolo-libertaire dans les années 90, qui devait comparaître lundi devant le tribunal correctionnel de Lyon pour avoir pénétré sur le chantier du Grand Stade en février dernier, et avoir tenté de bloquer une grue, devra patienter encore cinq mois pour être jugé. L'audience a été reportée au 22 octobre, le tribunal estimant que le délai pour examiner l'affaire était «trop court».

 

 

Jouer la montre ?

 

 

«Déçu», Eric Petetin a appelé à «continuer de bloquer les travaux». «La justice a manqué de courage en préférant botter en touche», lâche-t-il un brin agacé. Une brèche dans laquelle s'est engouffré son avocat Étienne Tête à la sortie de l'audience. «Je ne dirais pas que le tribunal a délibérément repoussé l'audience pour permettre la continuité des travaux du Grand Stade, mais cela laisse planer le doute.» Car selon l'avocat, il y a de quoi s'interroger. «On reproche à mon client de s'être opposé aux travaux publics. Mais encore faut-il pouvoir justifier que ce sont des travaux publics. La déclaration d'utilité publique (qui doit en apporter la preuve) n'a pas été jointe au dossier. Or, ça paraît difficile de la joindre car elle a été annulée par la cour administrative d'appel.» Et de poursuivre : «La justice a annulé cinq arrêtés préfectoraux de déclarations d'utilité publique. La loi est claire sur ce point : on ne peut pas continuer les travaux. Le chantier du Grand Stade devrait s'arrêter. Mais on constate, que ce n'est pas le cas.»

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■ La réponse du Grand Lyon

«L'arrêt de la cour administrative d'appel (annulant cinq arrêtés préfectoraux de déclaration d'utilité publique) ne demande pas l'arrêt  des travaux dans son jugement», a répondu le Grand Lyon qui va se pourvoir en cassation. «Rappelons que s'il s'agit d'un simple vice de forme. Ils ont été annulés car l'existence d'une étude d'impact pendant l'enquête n'avait pas été mentionnée explicitement dans les arrêtés.»