Un domicile fixe après six mois de galère

LOGEMENT «De la lumière, du chauffage, un lit, ça change tout», confient Christine et Hervé, 45 et 43 ans. Il y a quinze jours, ils dormaient encore sous une des tentes installées place Bellecour par les Enfants de Don Quichotte. Après deux semaines passées...

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« De la lumière, du chauffage, un lit, ça change tout », confient Christine et Hervé, 45 et 43 ans. Il y a quinze jours, ils dormaient encore sous une des tentes installées place Bellecour par les Enfants de Don Quichotte. Après deux semaines passées sur le campement, le couple vient d'être relogé dans un petit appartement meublé près des quais Saint-Vincent (1er).

Installés autour d'un thé, la télé en fond sonore, Christine et Hervé avouent ne pas s'être encore remis des six mois qu'ils viennent de passer sans domicile. « On n'a jamais dormi sur un trottoir », raconte Hervé, qui a voulu préserver sa compagne « des bagarres de la rue ». Mais d'un squat à l'autre, en passant par un local à poubelles et des caves, ils ont vécu une véritable « descente aux enfers ». « Cela peut arriver à tout le monde », estime Hervé, revenant sur les mauvais choix qui les ont amenés à quitter leur appartement de Chauffailles, en Saône-et-Loire. Le couple vit depuis sept ans avec peu de ressources : Hervé, maçon, touche une pension d'invalidité à la suite d'un accident du travail. Christine, elle, fait des petits boulots en milieu hospitalier. Il y a quelques mois, ils se joignent à des forains, pensant gagner un peu d'argent. Mais le voyage, « catastrophique », s'arrête à Lyon, sans rien en poche. Les foyers n'accueillant pas les couples, « la plus grande difficulté a été de rester ensemble, ce qui était notre priorité », explique Christine encore émue. Aujourd'hui, déterminée, elle espère retrouver un emploi. En attendant, tous deux réapprennent lentement les gestes de la vie quotidienne. De cette difficile période, ils ne veulent rien garder, excepté leur chat, recueilli sur le campement de Bellecour et baptisé Liberté.

Dalya Daoud

Sur les soixante-sept sans-abri qui ont campé à Bellecour, trente-trois ont été relogés. « Lyon est la ville la plus avancée », selon Sandrine Runel, déléguée régionale de la Fédération nationale des associations de réinsertion.