Un joyau qui a bien failli disparaître

Caroline Girardon

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Le quartier Saint-Georges, partie du Vieux-Lyon, aurait pu être longé par une autoroute.
Le quartier Saint-Georges, partie du Vieux-Lyon, aurait pu être longé par une autoroute. — C. Girardon / 20 minutes

Difficile d'imaginer Lyon sans son quartier historique, ses traboules, ses ruelles pavées et ses cours secrètes. Pourtant, le Vieux-Lyon a bien failli disparaître. Il «revient de loin», sourit Véronique Nether, présidente de la Renaissance du Vieux-Lyon.

«Triste et insalubre»


Au début des années 1960, Louis Pradel, maire de la ville, surnommé «le démolisseur», décide de faire raser une partie du Vieux-Lyon, tout près de la cathédrale Saint-Jean et du Palais de Justice afin de créer une bretelle d'autoroute et d'amener directement les voitures en centre-ville. Face à ce projet, des «défenseurs de mémoire» regroupés au sein de Renaissance du Vieux-Lyon, se démènent pour sauver leur quartier. Le bras de fer s'engage et Pradel, l'«amoureux du béton» finit par renoncer. Le 12 mai 1964, le Vieux-Lyon devient le premier «secteur sauvegardé» de France. «Si on avait cédé à ce projet d'autoroute, Lyon n'aurait pas le même attrait qu'aujourd'hui car le Vieux-Lyon, c'est vraiment le joyau de la ville», avance Jean-Dominique Durand, adjoint au Patrimoine. Pourtant, à l'époque, le quartier était loin de jouir de la même popularité. «En 1954, le Vieux-Lyon était très insalubre, raconte Véronique Nether. Les immeubles dont les loyers étaient bloqués en raison de la loi 48, n'avaient aucun confort. Les gens n'avaient pas de salle de bains ni de WC. Le bâti était dégradé car personne ne s'en occupait. Les murs étaient noirs et le quartier, peu éclairé». Saint-Jean était donc la limite à ne pas franchir, le quartier excentré où il ne fallait pas mettre les pieds. «Pourtant, c'était chaleureux. Comme en Italie, les gens vivaient dans les cours et se rendaient service», poursuit Véronique Nether. «Il faut se remémorer tout ça pour prendre la mesure de ce qui a été réalisé», conclut Jean-Dominique Durand.

■ Le quartier est-il toujours en danger ?

«Le danger existe encore», selon Véronique Nether qui insiste sur l'importance de préserver le Vieux-Lyon comme «lieu de vie». «Il est entré sur le marché économique. Il y a un risque que le quartier ne soit tourné que vers le tourisme au détriment des habitats. Il ne faut pas rompre l'équilibre.»