Les Beaux-Arts courent après un Poussin

MUSEE Le 11 février, on saura si les Beaux-Arts de Lyon seront acquéreur de La Fuite en Egypte, tableau de Nicolas Poussin (1594-1665).

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Le 11 février, on saura si le musée des Beaux-Arts de Lyon sera l'heureux acquéreur de La Fuite en Egypte, tableau du célèbre peintre français Nicolas Poussin (1594-1665). Dans le cas contraire, l'oeuvre pourrait partir aux Etats-Unis. Pour empêcher cela, l'institution culturelle – incapable d'assumer seule cet achat – s'est tournée vers le mécénat.

Avec succès. En effet, pour la première fois en France, une vingtaine d'entreprises de la région lyonnaise se sont fédérées pour aider le musée à acquérir cette oeuvre. Selon nos informations, plus de 5 millions d'euros auraient déjà été rassemblés, dont 1 million apporté par la Caisse d'Epargne. Le fabricant d'électroménager Seb ou les laboratoires Mérieux seraient également décidés à investir et la ville de Lyon et le Fonds d'acquisition des musées auraient promis 1 million chacun.

Reste à savoir si cette mobilisation permettra de rassembler les 13 à 18 millions d'euros réclamés par l'actuelle propriétaire de l'oeuvre. Sylvie Ramond, directrice du musée des Beaux-Arts de Lyon, s'avoue « confiante ». « Ce tableau n'a encore jamais été exposé dans le monde. C'est un beau facteur de rayonnement pour la ville et les entreprises mécènes. »

L'éventuelle arrivée de La Fuite en Egypte à Lyon clôturera également une vingtaine d'années de controverses autour de cette oeuvre. Peinte en 1657, ce tableau avait plus ou moins disparu de la circulation, au point d'être vendue, en mars 1986, comme étant l'oeuvre de l'un des élèves de Poussin, pour à peine 240 000 euros. Avant d'être reconnu comme un authentique Poussin en 1994... et rendu à son ex-propriétaire.

Mat Gallet

L'Etat a classé l'oeuvre « trésor national » en 2004. Elle ne peut être vendue à l'étranger qu'au bout de trente mois durant lesquels l'Etat peut trouver des fonds pour l'acquérir.