Courb arrive à un nouveau tournant

Caroline Girardon

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La C-Zen, qui sortira mardi, s'adresse en priorité aux entreprises.
La C-Zen, qui sortira mardi, s'adresse en priorité aux entreprises. — Courb

Le pari est audacieux. La société lyonnaise Courb sortira, mardi, sa première voiture électrique, la C-Zen ; l'équivalent d'une Smart avec un grand coffre. Fabriqué à Saint-Priest, dans un atelier loué à Renault Trucks, ce modèle sera dans un premier temps livré aux démonstrateurs avant d'être réellement mis sur le marché le 28 mai.

Une autonomie de 120 km


Peu échaudée par l'échec d'entreprises comme Sitl ou Mia, Courb est persuadée d'avoir une carte à jouer. «Les voitures électriques sont un véhicule d'avenir, avance Hervé Arnaud, le PDG de la société lyonnaise. Dans les prochaines années, le pétrole deviendra de plus en plus rare. Par ailleurs, on constate que beaucoup de villes souffrent aujourd'hui d'un problème de pollution chronique avec des émissions récurrentes de particules fines.» Conscient que les modèles électriques ont actuellement «une petite autonomie» (120 km pour la C-Zen), Hervé Arnaud a préféré se tourner vers les professionnels et les entreprises qui représenteront 95 % de ses clients, plutôt que vers les particuliers.

«On est persuadé que l'usage de véhicules électriques en secteur urbain ne peut se réaliser que par les entreprises, indique-t-il. Un véhicule comme celui-ci leur permettrait d'effectuer des petites distances et de pouvoir décharger leur stock de papiers ou amener des encombrants à la déchetterie. Notre cœur de cible, ce sont les TPE et les PME qui roulent une trentaine de kilomètres par jour.» Autres clients potentiels importants : les collectivités qui n'ont pas encore frappé à la porte de Courb. La start-up lyonnaise entend produire entre 600 et 700 véhicules la première année et jusqu'à dix fois plus d'ici 2017.

■ Une importante opération de crowdfunding

C'est l'une des plus grosses levées de fonds jamais réalisée par crowdfunding (finance participative). La société Courb, qui a lancé au mois de janvier une souscription de capitaux par crowfunding (opération gérée par Axiona), souhaite lever 10 millions d'euros. «C'est bien parti», indique Hervé Arnaud, PDG de l'entreprise, qui espère réunir cette somme pour la fin du mois de juin.