Un show savoureux au Bocuse d'or

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La France conserve son titre de championne du monde de gastronomie. Le chef Fabrice Desvignes, 33 ans, a remporté hier soir le Bocuse d'or, concours culinaire considéré comme le plus prestigieux au monde, organisé tous les deux ans à Eurexpo en marge du Salon international de la restauration de l'hotellerie et de l'alimentation. Le Danemark et la Suisse se sont hissés sur la 2e et 3e place du podium.

C'est la sixième fois que la France remporte ce trophée depuis sa création en 1987 par Paul Bocuse. Fabrice Desvignes, second de cuisine à la présidence du Sénat et ancien de chez Georges Blanc, succède à Serge Vieira, vainqueur en 2005 et président du jury 2007. Les 24 chefs venus du monde entier devaient préparer à leur sauce quatre volailles de Bresse, un flétan et deux crabes royaux de Norvège en 5 h 30... sans se laisser déconcentrer par le public. Car pour son 20e anniversaire, le Bocuse d'or n'a pas failli à sa réputation du plus hystérique concours culinaire du monde.

Près de 2 000 supporters surexcités et équipés de cornes de brume s'étaient déplacés. Dans les gradins d'Eurexpo, quelque 300 Norvégiens ont hurlé à gorge déployée « Renaa ! », le nom du chef d'Oslo. Une centaine de Japonais, vêtus de blanc, ont tambouriné avec des cuillères en bois, tandis que les Suisses, donnaient de la cloche à vache. L'épreuve se déroule en public depuis 1997. « C'est toujours la même ambiance depuis. C'est un vrai show culinaire », savoure Paul Bocuse. « Ils sont préparés mais franchement je pense que ça les dérange un peu. Ça demande une concentration énorme », estime le chef Guy Lassaussaie, membre de l'organisation. Les supporteurs français se sont eux aussi lâchés. « Qui ne saute pas n'est pas français », ont ils scandé avant d'entonner La Marseillaise, lorsque Fabrice Desvignes a présenté ses plats au jury. Le chef a réussi une véritable performance puisqu'il a attaqué ses réalisations avec un peu de retard, ses aliments tardant à arriver en raison des routes enneigées.

Mat Gallet