«On ne peut pas loger toute la misère du monde»

Caroline Girardon

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Jean-François Carenco (archives).
Jean-François Carenco (archives). — C. Villemain / 20 Minutes

Alors que le tribunal administratif de Lyon a ordonné vendredi au préfet du Rhône de reloger quatre familles de Roms, expulsées du bidonville de Villeurbanne, Jean-François Carenco revient sur ce jugement.

Vous avez été condamné à reloger quatre familles...

Non, je n'ai été pas condamné. Le mot «condamnation» est inexact puisque nous parlons de justice administrative.

La justice vous a donc ordonné de les reloger. Ce n'est pas la première fois. Qu'est ce que cela va changer ?

Précisons que dans 80 % des cas, le tribunal m'a donné raison. La loi dit que le droit à l'hébergement d'urgence s'applique à toute personne sans abri qui se trouve en situation de détresse spécifique (des familles avec des enfants mineurs par exemple). J'héberge des milliers de personnes chaque soir alors croyez-moi je regarde s'il y a une urgence spécifique. Mais, je peux me tromper. Et à ce moment, je les reloge. Mais le problème est qu'ils s'en vont au bout de trois jours. Ces populations ne sont pas faites pour vivre à l'hôtel.

Vous allez donc continuer votre politique ?

Je vais proposer un logement à ces quatre familles. Mais on ne peut pas loger à Lyon toute la misère du monde. Pour être franc, si je pouvais tous les loger, je le ferai. Mais ce n'est pas possible.

Les associations redoutent l'expulsion imminente du camp de Saint-Fons.

Elles ont raison. Une ordonnance d'expulsion de ce campement a été ordonnée il y a trois mois. Il n'y a pas d'expulsion au cœur de l'hiver mais ce camp sera bel et bien évacué même si je ne vous préciserai pas la date. Et rappelons que toute personne en situation irrégulière n'a pas vocation à rester sur le territoire.