Bernard Rivalta : «Plus il y a de grève, moins il y a d'argent»

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Bernard Rivalta, président (PS) du Sytral (Syndicat mixte des transports du Rhône et de l'agglomération lyonnaise).

A Paris, métros et bus circulent désormais jusqu'à 2 h du matin les week-ends. A quand une telle mesure à Lyon ?

Tout est envisageable, mais ce n'est pas à l'ordre du jour. Ce genre de mesure coûte cher. Après minuit, les tarifs horaires changent pour les conducteurs. Et les chauffeurs demandent plus de sécurité, avec du personnel d'accompagnement. Il y a déjà les deux lignes de nuit qui relient les Terreaux aux campus universitaires de la Doua et de Mermoz. Et le réseau lyonnais fonctionne quand même jusqu'à minuit tous les jours alors que dans d'autres villes, comme Marseille, tout s'arrête à 21 h.

Y aura-t-il un geste commercial pour les usagers pénalisés par les grèves dans les TCL en décembre ?

Oui, probablement, nous l'avons déjà fait par le passé. Mais il est encore trop tôt pour se prononcer définitivement car le mouvement social risque d'être reconduit en janvier. Une fois de plus, j'en appelle à la responsabilité de chacun. Plus il y a de grève, moins il y a d'argent pour financer les revendications.

Allez vous appliquer des pénalités à Kéolis, qui exploite le réseau TCL, pour ces services non assurés en décembre ?

Les grèves de décembre font partie des impondérables pour lesquels on ne peut pas appliquer de pénalités. Mais si les organisations syndicales retiennent, comme elles l'ont annoncé, des grèves de 55 minutes par jour à la rentrée, il y aura des pénalités pour service non assuré. Car il faut deux heures de délai après la grève pour que le service soit de nouveau pleinement assuré. Si on met des pénalités à Kéolis, la prime de rentabilité de l'entreprise va baisser, ainsi que la participation pour les salariés. Mais nous sommes prêts à rediscuter des modalités d'application des pénalités avec Kéolis.

Recueillis par F. Crouzet