Le campement des SDF en place

©2006 20 minutes

— 

Elles sont rouges et visibles comme à Paris. Mais contrairement à la capitale, l'arrivée à Lyon d'une vingtaine de tentes de l'association les Enfants de Don Quichotte, pour les sans-abri, n'a pas fait l'unanimité au sein des collectifs d'hébergement d'urgence. Hier en début d'après-midi, quelques militants ont installé un petit campement place Bellecour, à côté du lieu d'exposition Le Rectangle, la ville n'ayant finalement émis aucune opposition. Une poignée de sans domicile fixe, principalement informés par les médias et les associations humanitaires, ont posé leurs affaires « pour le plus longtemps possible », explique Marine Fourié, 20 ans, responsable de l'association Don Quichotte à Lyon.

« Si on est là, c'est parce qu'on espère que ça va changer quelque chose », expliquent Tony, Alain et Hervé, des copains de rue depuis plusieurs années. « Ce n'est pas de la provocation, assure Marine Fourié. Nous voulons rendre visible la minorité invisible. Il y a beaucoup de choses déjà faites en matière d'accueil des sans-abri à Lyon, mais s'il y a toujours des gens dans la rue, c'est bien qu'il y a un problème. » L'arrivée de l'association a en effet été accueillie avec scepticisme par le Foyer Notre-Dame des sans-abri (FNDSA), qui gère la plupart des places d'hébergement d'urgence durant l'hiver sur Lyon. « C'est une attaque indécente faite au travail quotidien du personnel et des bénévoles du foyer », s'est indigné Yves Perret, président du FNDSA. Le père Bernard Devers, fondateur de l'association Habitat et Humanisme, estime l'action louable. « Cette sensibilisation ne peut que nous aider dans notre travail. » Hier soir, après un repas distribué par l'Armée du salut, une dizaine de SDF, rejoints par des « bien logés », devaient passer leur première nuit sous les tentes. A l'abri d'une pluie battante.

C. Bianchi