Le blues des jeunes Vénissians

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Les 15-25 ans de Vénissieux passés au peigne fin. Quinze ans après une première étude, la Sofres vient de publier les résultats d'une enquête menée en octobre dernier, à la demande du maire communiste de la ville André Gerin , auprès de 400 jeunes. Objectif : connaître, un an après la crise des banlieues, l'évolution de l'état d'esprit des jeunes dans cette zone de l'est lyonnais, cerner leurs craintes et leurs attentes.

Un portrait, qui sans surprise, révèle, comme en 1991, une vision noire de la société chez ces jeunes. Les premières inquiétudes qu'ils évoquent sont le chômage (68 %), les inégalités (36 %), le racisme (36 %) et la violence (27 %). Pour 72 % des sondés, ce pessimisme s'explique par leur difficulté à trouver une place dans la société. A l'origine de ce sentiment d'exclusion, les problèmes pour trouver un premier emploi – pour 80 % d'entre eux –, obtenir un logement ou payer leurs dépenses courantes. Quant à la violence, qui les inquiète, « la plupart d'entre eux ont sur ce sujet une attitude ambiguë ». Alors que plus d'un tiers déclarent avoir déjà été insultés, rackettés ou agressés, 50 % ont de la sympathie pour les émeutes de 2005. Autre ambiguïté, qui diffère des résultats de 1991, 54 % des jeunes se disent révoltés mais seuls 21 % souhaiteraient s'engager dans une association pour changer les choses. « Cet effondrement de l'engagement témoigne de leur désillusion. Il se disent que cela ne sert plus à rien », conclut Brice Teinturier, qui a supervisé l'étude pour la Sofres.

E. F.