Le rectorat recale encore Al Kindi

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« C'est une affaire où l'intégrisme a une belle part. Depuis le début, nous avons des doutes quant au financement de cet établissement. Je ne vois pas comment, dans ce cadre-là, la laïcité et la République trouveraient leur place. » Hier soir, le recteur de l'académie de Lyon, Alain Morvan, n'a pas mâché ses mots pour justifier son refus à la deuxième demande d'ouverture du collège-lycée musulman de Décines. Un établissement privé porté par l'association Al Kindi qui, s'il avait ouvert comme prévu à la rentrée, aurait été le plus grand de France. Le 31 août déjà, le recteur avait recalé Al Kindi, jugeant le dossier « caduc » après la démission du porteur du projet et futur directeur Zoubir Meddour. Une décision validée en octobre par le tribunal administratif de Lyon, à la suite de laquelle l'association avait décidé de présenter un nouveau dossier. « Sur le même terrain, avec le même porteur de projet et dans le même environnement idéologique », a précisé hier Alain Morvan. « Au nom de la cohérence, je me devais de rendre la même décision », a-t-il ajouté, jugeant Zoubir Meddour, par ailleurs professeur de lycée, dans l'incapacité d'assurer « une mission effective de direction ». Autre motif du refus, la suspicion de pollution des sols occupés par l'école, déjà évoquée à la rentrée. « Nous avons un doute, donc on fait jouer le principe de précaution », a conclu le rectorat. « C'est regrettable. On prend les mêmes arguments et on recommence », a déploré hier Azzedine Gaci, président du Conseil régional du culte musulman Rhône-Alpes.

E. Frisullo

Selon Azzedine Gaci, les représentants d'Al Kindi doivent prochainement rencontrer les conseillers juridiques du ministère de l'Education nationale, qui auraient récemment sollicité une entrevue.