Chez Francis doit changer d'adresse

Elisa Riberry

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La paillote Chez Francis est installée au Confluent depuis treize ans.
La paillote Chez Francis est installée au Confluent depuis treize ans. — E. Riberry / 20 Minutes

Lorsqu'ils ont ouvert en bord de Saône, la pointe sud de la Presqu'ile n'était encore qu'un immense quartier en friche. Treize ans plus tard, des centaines de logements et de bureaux sont sortis de terre et le quai Rambaud a commencé à prendre vie. Mais aujourd'hui, la célèbre paillote Chez Francis, installée dans des préfabriqués entre le bâtiment ultramoderne d'Euronews et la Sucrière, n'a plus sa place au Confluent. Après avoir changé deux fois d'emplacement depuis 2006 au gré des constructions, le petit restaurant est prié, par Voies naviguables de France (VNF), de quitter les lieux courant février. Une décision vécue comme une trahison par Rebecca Quendera, l'épouse de Francis, qui gère le restaurant fréquenté par des familles, des ouvriers, des salariés et des chefs d'entreprises du secteur. «J'ai mis ma vie là-dedans, je me suis endettée pour rester parce que la ville de Lyon nous avait promis un emplacement. Depuis que nous sommes dans des préfabriqués, nous avons perdu la moitié de notre clientèle. Mais nous avons résisté. Et aujourd'hui, on nous met dehors», s'indigne Rebecca Quendera.

D'autres emplacements à l'étude dans le Grand Lyon


«Malheureusement, nous n'avons plus de place au Confluent pour maintenir la guinguette sur le site. Un chantier doit débuter en mars sur le terrain qu'elle occupe, explique Jean-Paul Viossat, directeur de Rhône Saône développement, la filiale de VNF chargée de la reconversion des Docks. Mais nous avons plusieurs autres sites à leur proposer dans le Grand Lyon, en bord de Saône ou du Rhône.»

Un nouveau départ auquel Rebecca semble se résigner. «C'est dommage, car il n'existera plus de lieux comme le notre ici, accessible à tous. Ils ont pensé le Confluent comme un quartier chic dans lequel les pauvres et classes moyennes n'ont pas leur place», regrette la gérante, inquiète aussi pour l'avenir de sa famille. Aussi, pour compenser la perte de clientèle liée à ce départ «forcé», les restaurateurs comptent bien demander des indemnités à VNF.

■ Pétition

Les restaurateurs ont lancé une pétition pour sauver leur guinguette au Confluent. Un ultime acte de résistance qui a été soutenu par déjà plus d'une centaine de fidèles clients.