Premier emploi franc aux TCL

TRAVAIL Ce dispositif aide les jeunes des quartiers à décrocher un CDI...

Caroline Girardon

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Un bus des TCL
Un bus des TCL — E. FOUDROT / 20 MINUTES

 

Depuis un an, il répondait aux offres d'emploi sur Internet, envoyait des CV pour des missions ponctuelles et relançait sans arrêt les entreprises… Sans succès. Jusqu'au jour où la mission locale de Vaulx-en-Velin a envoyé son CV à la préfecture, qui l'a ensuite transmis à Keolis. Un Vaudois 21 ans, a signé jeudi le premier emploi franc du Rhône.

 

 

Priorité aux bac + 2

 

 

 

Titulaire d'un BTS électrotechnique, le jeune homme a été engagé en CDI pour réparer les rames de tramway, de métro ou les bus du réseau contre une rémunération de 1 700 € brut. «Bien sûr, c'est une chance, reconnaît-il. Car jusqu'à présent, j'ai galéré. On ne me répondait jamais quand je postulais quelque part.» Le dispositif d'emploi franc, mis en place dans le Rhône fin octobre, sera expérimenté durant trois ans. Il s'adresse aux jeunes de moins de 30 ans, à la recherche d'un emploi et domiciliés dans les zones urbaines sensibles. Et leur permet de décrocher un CDI à temps plein dans une entreprise privée. «Nous savons que dans ces zones, le chômage des jeunes peut être deux fois plus important que dans les quartiers avoisinants, explique Philip Alloncle, préfet délégué pour l'égalité des chances. Nous avons préféré nous concentrer sur les personnes qui avaient a minima un bac + 2 car elles ont fait l'effort de suivre un cursus. Le fait qu'elles soient au chômage est un gâchis épouvantable.» L'objectif est de signer 290 contrats de ce type dans le Rhône avant la fin de l'année. Dans six mois, le jeune homme se verra proposer par Keolis une formation complémentaire afin qu'il obtienne son permis D et qu'il puisse devenir plus tard conducteur de bus. «C'est bien, mais je préfère travailler pour l'instant à l'atelier», sourit le garçon.

 

■ Prime de 5 000 €

Les entreprises qui acceptent de signer un emploi franc se voient attribuer une prime de 5 000 €. L'Etat a prévu de mobiliser 25 millions d'euros d'ici les trois années à venir.