L'ENS s'active contre l'échec

Elisa Riberry

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La classe accueille des lycéens motivés et présentant un potentiel.
La classe accueille des lycéens motivés et présentant un potentiel. — E. Riberry / 20 Minutes

Raphaël, la vingtaine, est scolarisé en 2e année à l'Insa de Lyon. Une école d'ingénieurs réputée qu'il n'aurait pas forcément intégrée sans son passage à la « Classe préparatoire à l'enseignement supérieur» de l'Ecole normale supérieure de (ENS) Lyon. Cette classe a été créée en 2010 pour favoriser la réussite des bacheliers boursiers. «Elle s'adresse à des jeunes qui, en raison de leur origine sociale et/ou territoriale, brident leurs ambitions scolaires», a rappelé mercredi la rectrice de l'académie de Lyon Françoise Moulin Civil, venue assister au bilan de la classe labellisée «cordée de la réussite». En trois ans, une centaine d'élèves a été accueillie à l'ENS, pendant un an, après avoir été sélectionnée.

«Quand on bosse, on y arrive, il n'y a pas de secret»


«La classe ne s'adresse pas aux boursiers qui ont une mention très bien au bac. Ce ne sont pas eux qui ont le moins de chance de réussir, ajoute le directeur de l'ENS Jacques Samarut. Nous recrutons des bacheliers motivés, qui ont des résultats moyens et présentent un potentiel.» Raphaël était de ceux-là. «Sans bosser au lycée, j'avais des notes moyennes. Mais après le bac, je me suis fait refouler de toutes les écoles où je voulais aller, se souvient le jeune homme, passé à l'ENS en 2013. C'était dur, mais ça nous prépare à des études qui sont compliquées. Et quand on bosse, on y arrive, il n'y a pas de secret.» Pendant un an, les étudiants, obligés de vivre à l'internat de l'ENS pour bénéficier des mêmes conditions de travail, ne chôment pas. Ils suivent plus de trente heures de cours par semaine, en filière Sciences ou Lettres pour renforcer leurs connaissances, apprendre l'autonomie et gagner en confiance. Et cela fonctionne. «Les étudiants accueillis ont accédé avec succès à des filières longues dont ils ignoraient l'existence ou considéraient qu'elles étaient inaccessibles pour eux», explique Jacques Samarut. Après leur passage à l'ENS, les élèves ont intégré des classes préparatoires, des licences 1 ou 2 à l'université, des écoles d'ingénieurs ou des Instituts d'Etudes politiques.

■ Les cordées de la réussite

Créées en 2008 par le ministère de l'Enseignement supérieur, les cordées sont des initiatives (tutorat, classe passerelle…) destinées à introduire une plus grande équité sociale dans l'accès aux «formations d'excellence». Dans l'académie de Lyon, 27 projets sont labellisés «cordées de la réussite».