Kem One: Nouveau rebondissement, nouveau report d'audience

ENTREPRISE Les deux repreneurs potentiels ont fusionné leurs offres...

Caroline Girardon

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Les salariés de Kem One ont manifesté mercredi après-midi devant le palais de justice de Lyon.
Les salariés de Kem One ont manifesté mercredi après-midi devant le palais de justice de Lyon. — Jeff Pachoud / AFP

Nouveau coup de théâtre mercredi après-midi. L'industriel français Alain de Krassny et le fonds d'investissement américain OpenGate Capital qui s'étaient tous deux positionnés pour reprendre l'entreprise Kem One, ont décidé de fusionner leurs offres. C'est ce qu'ils ont annoncé en ouverture de l'audience du tribunal de commerce de Lyon, au cours de laquelle la justice devait désigner l'un des deux candidats ou prononcer la liquidation.

«Le moral n'est pas au beau fixe. Les salariés accueillent assez mal cette nouvelle, réagit Jérôme Guillemin, délégué CGT. C'est un énième rebondissement. Ce qui se passe n'est pas net. On a l'impression d'être promenés voire même pris en otage.» Jeudi matin, le comité central d'entreprise sera amené à donner son avis. Quant au tribunal de commerce, il a annoncé le report de l'audience pour vendredi matin. «Est-ce qu'il va juger crédible cette annonce de dernière minute ? s'interroge Jérôme Guillemin. Ils n'ont probablement jamais vu ça de leur vie. Soit cette offre peut-être considérée comme une chance. Soit elle ne sera pas prise au sérieux car il y a déjà eu trop de rebondissements. Et là, le tribunal peut très bien prononcer la liquidation judiciaire.» Chacun des deux candidats à la reprise avait prévu 97 suppressions de postes.

Le groupe chimique Kem One emploie 2 600 personnes dans le monde, dont 1 780 en France, principalement en région lyonnaise et à Marseille. Selon les syndicats 1 300 emplois seraient directement menacés par la procédure de redressement judiciaire ouverte au mois de mars.