A l'école de la solidarité

Caroline Girardon

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A l'école Gilbert-Dru, Magali et Mariella se mobilisent ardemment.
A l'école Gilbert-Dru, Magali et Mariella se mobilisent ardemment. — C.Girardon / 20 Minutes

Chaque soir, le même rituel. A 17 h 45, une fois que les enfants ont quitté la garderie et la cour de récréation pour regagner leurs foyers, les portes de l'école Gilbert-Dru (7e) se referment. Mais, à 18 h, les voici qui s'ouvrent à nouveau discrètement pour accueillir deux familles en situation de précarité. Depuis le 5 décembre, les parents d'élèves et les institutrices se relaient pour nourrir et abriter une famille roumaine et ses quatre enfants et deux parents bosniaques et leur fillette, tous sans logements.

Alerter les élus


«Il est extrêmement choquant de voir que des copains de mon fils se retrouvent à dormir dans la rue, explique Magali Busquet, une maman, rencontrée lundi soir lors d'un atelier pancarte. Dormir dehors me paraît vraiment incompatible avec une scolarité. C'est d'autant plus inacceptable que nous sommes dans une ville où il y a beaucoup de logements vacants.» «Une des familles va de squat en squat, poursuit Mariella Parisi, parent d'élève qui a passé une nuit sur place avec les familles. Elle a dormi plus de quatre semaines dans un jardin public, situé à proximité de l'école. On ne peut pas faire semblant de rien voir.» A quelques pâtés de maison, même ambiance à l'école Berthelot (7e). Depuis mercredi, deux familles roms et leurs cinq enfants, âgés de 3 à 9 ans, trouvent refuge chaque nuit dans la salle de parentalité de l'établissement, où les accompagnent plusieurs mamans. «Ces familles font partie de celles qui ont été expulsées du 71, quai de Perrache, raconte Sophie Micollet, élue FCPE. On ne pouvait pas laisser ces enfants en bas âge dormir dehors, en cette période où les températures sont très basses.» Afin d'alerter les pouvoirs publics et les élus, les deux écoles vont organiser des goûters solidaires, dont l'un est prévu ce mardi à 17 h 30 à Gilbert-Dru. En attendant, l'une des familles s'est vue proposer lundi, un hébergement jusqu'à la fin du plan froid.

■ La colère monte aussi dans le 1■ er

«Depuis le 30 novembre dernier, nous, aidés de commerçants, des artisans et des enseignants, logeons et nourrissons des familles sans hébergement». Un collectif regroupant des habitants du 1er arrondissement a décidé de se réunir ce mardi à 18 h sur l'esplanade de la grande côte afin de réclamer «la réquisition légale et encadrée de bâtiments publics vides et inoccupés afin de les transformer en centres d'hébergement.»