Maison Lejaby forme la relève

Elisa Riberry

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Lise a été familiarisée à la minutieuse fabrication des dessous de luxe.
Lise a été familiarisée à la minutieuse fabrication des dessous de luxe. — E. Riberry / 20 Minutes

Penchée sur sa machine à coudre, un soutien-gorge en dentelle noire dans les mains, Lise s'applique. Cette jeune fille, en bac pro au lycée Adrien-Testud de Chambon-Feugerolles, consacré aux Métiers de la mode, fait partie des élèves accueillis en stage à l'atelier Maison Lejaby à Rillieux. Après des années de collaboration, l'entreprise spécialisée dans la fabrication de lingerie de luxe et le lycée de la Loire viennent de renforcer leurs liens en s'engageant dans une convention de partenariat. Cet accord sur trois ans, soutenu par le rectorat de Lyon et le syndicat de l'habillement, est destiné à former les générations futures aux savoir-faire de la corseterie, bain, lingerie. «Mais également à leur transmettre notre esprit couture à la française», ajoute le PDG de Maison Lejaby, Alain Prost. Couturière depuis près de 30 ans dans cette entreprise historique de Rillieux, Nicole Mendez se félicite de cette initiative.

«Ce métier vieillit»


«J'en rêvais, confie-t-elle. Aujourd'hui, on arrive au bout du système. Les dernières couturières ont mon âge. Il faut rendre à notre métier ses lettres de noblesse, lui redonner un élan. Sinon, nous n'arriverons plus à attirer les jeunes et à garder notre savoir-faire.» Car devenir couturière de lingerie ne s'improvise pas. «C'est très minutieux, on ne travaille que de petites pièces et des matières fragiles», explique Lise, qui à l'atelier a découvert tout le processus de fabrication. «Il est essentiel de montrer qu'en France aussi on peut faire de la qualité, de conserver ce savoir-faire. Et ça passe par nous, la relève», s'enthousiasme la jeune fille.

Assise en face d'elle, Mélissa, une autre stagiaire en formation au lycée Testud acquiesce. «Une expérience dans une maison comme celle-ci peut être un bon moyen d'accéder à l'emploi. Ce métier vieillit, il y a très peu de jeunes. Celles qui seront formées trouveront des postes», espère la couturière en herbe. Un souhait réaliste puisque ces dernières années, Maison Lejaby a recruté plusieurs anciens élèves de la Loire.

■ Un chiffre d'affaires en hausse■ Depuis sa reprise par Alain Prost en 2012, Maison Lejaby a vu son chiffre d'affaires passer de 24 millions d'euros cette année■ -■ là à 30 millions en 2013. ■ Autre signe encourageant, l■ es effectifs ■ de la société ■ ont progressé de 10% (220 employés)■ en un an■ .