La vidéo joue les premiers rôles

Elisa Riberry
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La vidéosurveillance va encore se développer l'an prochain (Illustration).
La vidéosurveillance va encore se développer l'an prochain (Illustration). — F. Scheiber/20 Minutes (Archives)


Début novembre, l'auteur présumé d'une agression sexuelle survenue Montée de la Grande Côte était confondu grâce à la vidéoprotection. Cette affaire, élucidée en quelques jours, fait partie des plus récents faits divers résolus à Lyon, grâce aux images du centre de supervision urbaine. Un service qui, douze ans après le déploiement des premières caméras en centre-ville, est selon la mairie de plus en plus sollicité par les services de police et de justice. «En 2010, nous avons enregistré 542 réquisitions. En 2013, nous serons autour des 700 réquisitions, indique Emmanuel Magne, directeur du centre de supervision globale. On ne connaît pas forcément les suites données aux affaires par la justice. Mais s'il y a réquisition, c'est que les images sont déterminantes.» Et si l'utilisation de la vidéoprotection par la justice et les services de police a nettement évolué, ce n'est pas un hasard. C'est qu'aujourd'hui, peu de secteurs très fréquentés ou réputés sensibles échappent à la vigilance des 29 agents assermentés du centre de supervision.



Bientôt plus de  400 caméras installées



«Beaucoup d'affaires ont été résolues grâce à la vidéoprotection. Ce serait un peu coupable au XXIe siècle de se passer de cela», estime l'adjoint lyonnais chargé de la tranquillité publique Jean-Louis Touraine (PS), également convaincu de l'effet dissuasif des caméras. Selon lui, sur les zones couvertes, la délinquance aurait baissé de 15 à 20 %, «et elle ne se reporte pas dans les quartiers voisins, où la baisse constatée est de 5 % à 10 % selon les secteurs ». Encouragée par ces résultats, la mairie de Lyon a ainsi investi au cours de ce mandat 3, 744 millions d'euros dans le déploiement de 231 caméras. Après l'installation (en cours) de 44 nouveaux appareils sur la Presqu'Ile (place Sathonay, place des Archives, quais et rives de Saône, Pentes…), et d'une cinquantaine dans le 8e (Mermoz, Etats-Unis), la ville comptera, début 2014, 414 caméras de vidéosurveillance. Soit un peu plus de 10 % du territoire lyonnais couvert.

■ Une thèse en cours

Un étudiant lyonnais réalise depuis début 2012 une thèse sur les effets et pratiques de la vidéoprotection à Lyon entre 1990 et 2010. Le résultat de ce travail universitaire est attendu fin 2014.