Lyon

Pas de SDF aux Charpennes

Info 20 Minutes L'hôpital gériatrique ne laisse plus rentrer les sans-abri

Les SDF bannis de l'hôpital gériatrique des Charpennes, à Villeurbanne. Depuis un mois et demi, la direction de l'établissement a donné des consignes strictes aux personnels de sécurité : appliquer «une tolérance zéro» envers les «clochards» qui pénètrent dans le hall d'entrée. «Cela devient un repère pour eux, estime la directrice dans un mail dont 20 Minutes a obtenu une copie On constate que le phénomène s'amplifie.»

Les toilettes verrouillées


«Certains SDF ont pris l'habitude de venir boire un café, ils demandent aussi l'autorisation d'aller aux toilettes mais ils ne restent pas toute la journée, témoigne un salarié. Ils n'amènent pas d'alcool et n'agressent personne. Ils effectuent plusieurs allers-retours sans qu'il n'y ait jamais de problèmes.» Jusqu'au 9 octobre, date à laquelle un sans-abri a dû être transporté d'urgence vers un autre établissement, les équipes soignantes ayant découvert qu'il avait une très grave infection à la jambe. «Depuis ce jour, on nous a demandé de verrouiller les toilettes et de ne les ouvrir qu'aux patients ou aux personnels de l'hôpital, poursuit un salarié de la sécurité. Cela me choque car nous ne sommes pas dans un magasin de luxe, ni dans un centre commercial. Même si l'hôpital des Charpennes n'a pas de service d'urgence, nous restons malgré tout un hôpital public.» Et de poursuivre : «On ne peut pas parler de squat. Ces gens passaient simplement boire un café, faire leurs besoins et recharger leurs téléphones», insiste ce salarié. Les Hospices civils de Lyon, dont dépend l'hôpital de Villeurbanne, ont indiqué que cette mesure avait été prise «pour des raisons de sécurité». «On ne leur refuse pas l'accès aux soins, indique-t-on. Mais l'hôpital, même s'il reste public, n'est pas un lieu public. De cette façon, on souhaite garantir un accueil convenable des familles et des patients. La direction des Charpennes entend éviter tout risque sanitaire ou de vols dans les chambres des patients.»

■ Ailleurs

Les différents services d'urgence voient souvent arriver dès les premiers froids, des personnes sans-abri, en quête d'un endroit chaud où passer la nuit.