Relaxe demandée pour Queyranne

Frédéric Crouzet et Carole Bianchi

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Jean-Jack Queyranne, président (PS) de la région Rhône-Alpes et ancien ministre, a apporté samedi son soutien à une candidature de Ségolène Royal, capable de rassembler la gauche autour de "valeurs de modernité", dans l'optique de la présidentielle de 2007.
Jean-Jack Queyranne, président (PS) de la région Rhône-Alpes et ancien ministre, a apporté samedi son soutien à une candidature de Ségolène Royal, capable de rassembler la gauche autour de "valeurs de modernité", dans l'optique de la présidentielle de 2007. — Fred Dufour AFP/Archives

Le procureur de la République de Lyon a demandé mardi soir la relaxe du président socialiste de la Région-Rhône-Alpes Jean-Jack Queyranne, poursuivi en diffamation par Bruno Gollnisch, numéro deux du Front national et élu régional. Six présidents de groupe politiques (PC, PS, PRG, Verts, UDF et UMP) étaient eux aussi poursuivis,
Le 14 octobre 2004, trois jours après les déclarations controversées de Bruno Gollnisch sur les chambres à gaz , Jean-Jack Queyranne avait lu en assemblée pleinière un texte approuvé par tous les groupes politiques (sauf le FN). Il condamnait «des propos clairement négationnistes et à forte connotation raciste». Bruno Gollnisch avait porté alors plainte contre Jean-Jack Queyranne pour diffamation. Mais au terme d’une instruction, très critiquée à la barre, les six présidents de groupe, dont  l’ancien ministre Hervé gaymard (UMP), avaient été aussi mis en examen. Face au tribunal, Jean-Jack Queyranne a maintenu «l’intégralité» de ses déclarations, expliquant que les propos de Bruno Gollnisch avaient été « ressentis comme une insulte, une dénégation du travail de mémoire et d’éducation civique mené par la région ». Bruno Gollnsich s’est déclaré « hostile à une judiciarisation du débat politique ». « Je n’aurais pas porté plainte si on m’avait laissé m’exprimer et si on ne m’avait pas attaqué sur mes propos tenus lors d’une conférence de presse », a t-il indiqué avant l’audience. Pour le procureur, la plainte déposée par M. Gollnisch en tant que « particulier » est une erreur, car il s’était exprimé le 11 octobre 2004 devant des journalistes « en tant qu’élu du Front national ».  Le jugement a été mis en délibéré au 18 janvier. C’est à cette même date que le tribunal correctionnel de Lyon doit rendre sa décision concernant Bruno Gollnisch, qui a comparu les 7 et 8 novembre dernier pour « contestation de crime contre l’Humanité » suite à ses déclarations du 11 octobre 2004 sur les chambres à gaz.