Le difficile pari des Atelières

Elisa Riberry

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La production a débuté en janvier dans l'atelier situé à Villeurbanne.
La production a débuté en janvier dans l'atelier situé à Villeurbanne. — C. Villemain/20 Minutes

A l'automne 2012, Clarence, jeune Isérois de 22 ans, débarquait à Villeurbanne pour se lancer dans Les Atelières. Comme lui, 29 coupeurs et couturiers de tous âges relevaient le défi de créer un atelier de façonnage de lingerie de luxe «made in France». Un an plus tard, les carnets de commandes sont pleins et une dizaine de grandes marques et créateurs (Lejaby, Zahia Dehar, PSR…) ont fait appel aux petites mains de l'atelier pour confectionner leurs produits haute-couture. Mais le sort des Atelières, auxquelles Le Rize consacre une soirée ce jeudi, est loin d'être scellé.

Une campagne de recapitalisation


«On a des clients, ce qui est déjà beaucoup en temps de crise», confie Richard Llung, directeur administratif et financier de la société coopérative d'intérêt collectif. «On sait donc que le business existe, ajoute la PDG des Atelières Muriel Pernin. Mais on n'arrive pas à produire dans les temps. Aujourd'hui, si on veut réussir, on a tout un modèle de production à inventer pour rentabiliser notre fabrication en petites séries.» Fin 2013, le chiffre d'affaires de la société sera nettement inférieur aux prévisions, et le déficit de l'atelier, créé grâce aux 290 000 € récoltés auprès de petits et gros donateurs, pourrait frôler les 400 000 €. «Si on ne fait rien, précise la PDG. Mais on s'active pour le minorer». Muriel Pernin vient ainsi de lancer une campagne de recapitalisation ciblée sur les personnes soumises à l'ISF soucieuses de défiscaliser. Objectif : trouver 500 000 € dans les prochains mois. En parallèle, l'atelier a noué un partenariat avec un laboratoire de génie productif de l'Insa, école d'ingénieurs, pour mettre au point le modèle qui pérennisera le savoir-faire lyonnais. «On peut y arriver. On savait que c'était un pari osé», ajoute Richard Llung. Comme lui, les salariés, très impliqués dans la vie de la société, veulent y croire. «L'entreprise est partie de rien. On savait dans quoi on se lançait mais on a foncé. C'est un challenge collectif», explique Clarence.

■ Un documentaire projeté au Rize

A 19 h ce jeudi, Le Rize, centre culturel de Villeurbanne, consacre une soirée au projet des petites mains villeurbannaises. A cette occasion, le public pourra découvrir le documentaire «Entre nos mains», réalisé par Mariane Otero puis assister au débat organisé en présence de plusieurs représentants des Atelières. Au 23-25 rue Valentin-Haüy.