Du vin vendu en self-service

Elisa Riberry

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Le vin à la pompe, ça vous branche ? La négociante Astric Terzian, PDG de la société Réserves précieuses, a en tout cas fait le pari de démocratiser la distribution de vin en self-service dans la grande distribution. Un concept, créé en 2009, qui vient tout juste de débarquer dans le Beaujolais, où est pourtant installée la créatrice de «Tank it up». «Je me suis lancée avec le bouche-à-oreille, avec les réseaux que j'avais lorsque j'étais commerciale», indique l'ancienne salariée du groupe Danone. Ses relations d'alors la mènent ainsi dans le Nord et le Sud-Ouest de la France, où elle vend ses premiers distributeurs brevetés. Puis, fin septembre, elle installe son septième appareil au magasin Leclerc de Gleizé.

Dans tous les supermarchés équipés, le principe est le même. Le consommateur vient avec le contenant de son choix. Et comme il le ferait à une pompe à essence, se sert la quantité qu'il souhaite à la machine composée de deux cuves de 500 litres. Ne lui reste plus ensuite qu'à peser et payer.

Un accueil parfois réservé


«L'idée était de proposer du vin de qualité en vrac, plus seulement en bouteille ou en cubitainer. On peut acheter un verre ou 6 litres, selon ses besoins», ajoute Astrid Terzian. Le vin proposé varie en fonction de la zone où le magasin équipé est situé. «Mais la plupart des distributeurs alimentés par Réserves précieuses, sont remplis de vin de pays de Méditerranée. C'est l'un des plus demandés», ajoute la négociante. Pour le consommateur, l'offre est alléchante puisque le prix moyen est 40 % moins élevé que l'achat en bouteille «. Alors forcément, chez certains professionnels du Beaujolais, l'accueil réservé à la vente à la pompe est frileux. Voire glacial.» On ne peut pas voir ça d'un bon œil. On ne peut pas garantir de la qualité en conservant une grande quantité de vin dans un distributeur pendant des semaines «, estime un négociant.» Même si on mettait du beaujolais dedans, ça ne serait pas forcément valorisant pour notre appellation «, ajoute le responsable d'une coopérative.

■ Made in France

Les machines sont fabriquées en Ardèche et en Alsace. Pour se doter d'une pompe, les enseignes doivent débourser 27 000 €. En moyenne, les magasins équipés ont écoulé 500 l de vin par semaine.