Abu Dhabi, sauveur de Grôlée

Caroline Girardon

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Le quartier Grôlée avait été vendu en 2004 par la municipalité.
Le quartier Grôlée avait été vendu en 2004 par la municipalité. — C. Villemain / 20 minutes

Ce week-end, l'information a fait l'effet d'une petite bombe. Abu Dhabi, s'apprête à racheter 15 000 m² de commerces des rues Grôlée et du Président-Carnot. Un compromis a été signé il y a presque trois semaines avec la banque suisse USB afin d'acquérir une grande partie des actifs des Docks Lyonnais, propriétaire d'une quarantaine de pas-de-porte. L'offre d'Abu Dhabi est aujourd'hui perçue comme une aubaine afin de redonner vie à un quartier fantôme.

No man's land


«On suit le dossier avec bienveillance, réagit la mairie de Lyon qui estime que cette opération est le fruit des liens tissés avec les émirats arabes. Abu Dhabi est très sélectif sur ses choix. Ils vont investir à long terme, ce qui est plutôt bien pour la ville.» Car, jusqu'à présent l'opération de renaissance du quartier Grôlée s'est soldée par un échec cuisant. Les boutiques de luxe promises dès 2008 n'ont jamais ouvert et les locaux disponibles sont restés désespérément vides. «Cette cession va permettre au quartier de renaître. Ce n'est pas tant de savoir qui possède les locaux et qui va les gérer mais plutôt de redonner vie à ce no man's land, conçoit Denis Broliquier, le maire du 2e arrondissement. L'opération Grôlée, menée par Gérard Collomb, continue d'être un échec. C'est même le plus gros échec de ses deux mandats.» Mais, sur un point, le maire du 2e rejoint celui de Lyon : Abu Dhabi, qui a déjà racheté la rue de la République, s'apparente à un sauveur. «Ils ont déjà fait la preuve de leur bonne gestion. Ils peuvent peut-être rebâtir le quartier Grôlée de manière intelligente», espère Denis Broliquer. Selon nos informations, Abu Dhabi, qui n'a pas encore dévoilé son plan d'investissement, pourrait rester sur la dernière ligne du projet de renaissance du quartier, à savoir y implanter des boutiques tendances et de moyenne gamme plutôt que d'investir dans des enseignes de luxe.

■ Un projet avorté

En 2004, la municipalité a vendu le quartier Grôlée et ses immeubles haussmmaniens au Groupe Cargill pour 87 millions d'euros. Deux ans plus tard, celui-ci revendait 1/5 de la surface, pour 100 millions d'euros aux Docks Lyonnais. Désireux d'ouvrir des enseignes de luxe, ces derniers avaient alors poussé les commerçants à s'exiler en augmentant les loyers. Depuis, le quartier s'est vidé et aucune enseigne prestigieuse n'est venue.