Mi Barrio forcé de perdre le rythme

DANSE L'établissement réputé pour ses cours de danses latines doit cesser ses activités...

Caroline Girardon

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Finis les rythmes latinos, les pas de danse endiablés et les démonstrations de bachata. Le Mi Barrio, établissement du quartier de la Martinière très prisé des salseros pour ses cours de danse et ses soirées latinos, a été contraint de mettre un terme à ses activités.

 

 

Transformé en brasserie

 

 

En bisbille depuis plusieurs années avec le syndicat de copropriétaires de l'immeuble où Mi Barrio se situe, les gérants du bar ont été condamnés par la cour d'appel de Lyon à cesser toutes activités de dancing et de cours de danse. Les nuisances sonores ne sont pas en cause mais l'établissement n'aurait pas respecté le règlement de l'immeuble stipulant que «les professions pouvant troubler par leurs bruits ou vibrations, la tranquillité des occupants de l'immeuble, tels que les professeurs de danse, escrime, chant, musique ou culture physique» sont interdites. Dans son arrêt, que 20 Minutes s'est procuré, la cour d'appel estime que les cours de danse ou soirées génèrent «de nombreuses autres nuisances et atteintes à la tranquillité» telles les intrusions dans l'immeuble de personnes étrangères, les bruits de rangements de table après la fermeture, les portes qui claquent ou encore les clients sortant bruyamment de l'établissement pour discuter ou téléphoner.

Aujourd'hui, le coup est rude pour Bertrand Dalle, gérant des lieux. «Nous allons perdre plus de la moitié de notre chiffre d'affaires, explique-t-il. Nous avons été obligés de licencier la moitié du personnel dont l'ensemble des professeurs de danse. Désormais, nous sommes contraints de nous transformer en brasserie. Or, ce n'est pas la vocation première de ce lieu.» Et de poursuivre, amer : «Il n'y a jamais eu de plaintes, et de bagarres. Au-delà de mon cas, ce qui est gênant est qu'il n'y aura bientôt plus d'endroits pour danser. On se demande s'il n'y a pas une volonté d'appauvrir le quartier.» Assommés par cette décision de justice, les gérants songent à revendre, afin de réinvestir ailleurs et ouvrir s'ils le peuvent, un autre Mi Barrio.

 

■ 7 ans de procès

Depuis 2006, Mi Barrio a été assigné deux fois devant le tribunal de grande instance mais a obtenu gain de cause à chaque fois. En 2012, la justice leur avait néanmoins demandé de fermer à 1 h.