La nouvelle ligne d'attaque des opposants à Lyon-Turin

Caroline Girardon

— 

C. VILLEMAIN/20 MINUTES

Une «question de bon sens». Selon les opposants de la ligne ferroviaire Lyon-Turin, le premier ministre n'aurait jamais dû signer en août la déclaration d'utilité du projet «sans avoir eu totalement connaissance du dossier». Pourtant, Jean-Marc Ayrault l'a fait. C'est la raison pour laquelle ils déposeront ce mardi trois recours auprès de Matignon. «Au bout de deux mois, si la déclaration d'utilité publique n'est pas retirée, nous saisirons le Conseil d'État», prévient l'avocat Gilles Devers. «Cette déclaration est entachée d'irrégularités graves», à commencer par «une gestion des deniers publics non rationnelle», annonce Daniel Ibanez, chef de file des opposants. «La Cour des comptes a fermement indiqué qu'il y avait des dérives dans ce dossier concernant l'argent public», étaye Daniel Ibanez, rappelant que le projet lancé il y a vingt ans est aujourd'hui évalué à 26 milliards d'euros. «Concernant le transport de marchandises, les études prévisionnelles annonçaient une augmentation de 1, 8 % jusqu'en 2060. Or, il se trouve que le tonnage de marchandises a baissé. Le niveau de trafic entre la France et l'Italie est aujourd'hui inférieur à celui de 1998, poursuit Pierre Mériaux, conseiller régional EELV. Les études socio-économiques reposent sur une base erronée qui n'a pas été réactualisée.» Mais les opposants, qui déplorent également un manque de concertation et l'absence de débat public, appellent le gouvernement et les députés à réfléchir. «La région Rhône-Alpes a prévu de mettre 900 millions d'euros dans ce projet. C'est l'équivalent de dix ans d'investissement pour maintenir le réseau des TER, rappelle Pierre Mériaux. Il faut voir ce qui est le plus important pour les citoyens. Il y a des décisions de bons sens à prendre.»