De la couleur dans la cité

Initiative L'association Ploubelle la ville ! redécore le mobilier urbain

Elisa Riberry

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Max et Martin métamorphosent le mobilier urbain avec l'aide des riverains.
Max et Martin métamorphosent le mobilier urbain avec l'aide des riverains. — C. Villemain / 20 Minutes

En 2012, leur intervention artistique sur cinq poubelles du quartier Saint-Georges, aurait pu leur coûter cher. Mais un an plus tard, en plus d'avoir échappé aux poursuites pour «dégradations volontaires en réunion», Max et Martin ont fait de leur action sur le mobilier urbain un projet soutenu par le Grand Lyon. «Notre arrestation et notre passage dans le bureau du procureur ont été comme un déclic. On n'avait jamais eu la volonté de dégrader, mais au contraire d'embellir, de mettre de la bonne humeur dans la ville», explique Martin, la trentaine. Très vite, les deux copains d'enfance créent l'association Ploubelle la ville ! pour donner du sens à leur démarche.

Créer du lien social


Le vice-président du Grand Lyon et maire du 3e Thierry Philip leur accorde une oreille attentive et leur confie un premier «chantier». Leur terrain de jeu : la place Ballanche où, en lien avec les associations du quartier et les riverains et commerçants volontaires, Max et Martin s'attaquent aux jardinières en béton. «Le but était de mettre de la couleur dans ce lieu encaissé et sombre tout en collant à l'histoire, la réalité de ce quartier où vivent encore de nombreux chibanis [des travailleurs migrants venus en France au cours des Trente Glorieuses] », ajoute Martin. Les bacs à fleurs sont donc relookés avec des motifs orientaux par une quarantaine d'habitués de la Guillotière. «Derrière l'embellissement du mobilier urbain, notre projet peut remplir plein d'objectifs, ajoute Max. Il permet notamment de perpétuer un peu la tradition des murs peints, d'être une tribune pour les artistes locaux, de sensibiliser au tri et de créer du lien social». Dans le quartier Mutualité/Moncey/Préfecture qu'ils viennent d'investir à la demande du conseil de quartier, les deux acolytes souhaitent ainsi faire intervenir différentes structures pour métamorphoser six silos à verre. L'un d'eux a déjà été coloré par une école de peinture vers le square Pelloux. Une association d'aide aux personnes en souffrance psychique, la bibliothèque, et le centre social du secteur devraient aussi apporter leur touche de poésie dans la cité.

■ Une action bénévole

Max et Martin, dont les premiers projets ont été financés par la ville ou le Grand Lyon (à hauteur de 200 € par silo), sont bénévoles. Pour leur prêter main-forte dans leurs actions actuelles ou à venir, vous pouvez contacter leur association par mail à l'adresse ploubellelaville@gmail.com.

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