«Il menaçait de faire sauter l'immeuble»

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Accident ou tentative de suicide ? Hier après-midi, les experts cherchaient toujours des indices dans les décombres pour tenter de comprendre le drame mortel qui s'est noué dans la nuit de dimanche à lundi à Neuville-sur-Saône. Dans un petit immeuble du centre-ville, un résident et un jeune gendarme sont morts et cinq autres personnes ont été blessées à la suite d'une violente explosion au gaz survenue au deuxième étage.

Il était 0 h 30 lorsque Fabien Batista, le gendarme de 31 ans, marié et père de deux filles, et son collègue Laurent Marchand, blessé dans l'incident, ont été appelés pour un tapage nocturne au 45, rue de la République. Sur place, les gendarmes ont détecté une forte odeur de gaz et ont décidé d'évacuer l'immeuble. Quelques habitants ont juste eu le temps de sortir avant que la déflagration n'éventre l'immeuble et fasse voler en éclat les vitrines du centre-ville.

Quatre voitures, dont celle des gendarmes, ont été ensevelies sous les gravats. Selon une résidente, le voisin « bruyant », gravement brûlé, aurait « menacé de faire sauter l'immeuble » juste avant que les gendarmes n'arrivent. Sans emploi, décrit comme asocial, l'homme à l'allure imposante semblait « en vouloir à la terre entière ». « Il se sentait persécuté. Mais l'enquête ne nous permet pas encore de dire si l'explosion est accidentelle ou volontaire », a indiqué hier en fin de journée le procureur de la République de Lyon, Xavier Richaud, qui écartait la piste d'une fuite de gaz.

Carole Bianchi

Un résident, âgé de 25 à 30 ans, était toujours recherché hier soir à la fois dans les décombres du bâtiment et dans son entourage, où il pourrait avoir trouvé refuge, ont indiqué les gendarmes.